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Question de légitimité

L’évidence du raz de marée de La République en marche cache une autre réalité, infiniment moins glorieuse et moins confortable pour Emmanuel Macron. Un autre raz de marée, celui des abstentionnistes. Le constat, bien sûr, a occupé une partie des unes des quotidiens au lendemain du scrutin. Mais les conséquences de ce véritable naufrage démocratique ont été nettement moins commentées. Elles méritent pourtant que l’on s’y attarde. D’abord, parce que c’est en soi un motif d’inquiétude dans une démocratie. Ensuite, parce qu’avec moins de 50 % de participation, et après une présidentielle remportée plutôt par rejet du Front national que par adhésion à son projet, Emmanuel Macron dispose d’une bien faible légitimité. Va-t-il en tenir compte ? Evidemment non. Il se prépare au contraire à abuser de cette majorité en trompe-l’œil pour imposer au pays une contre-révolution sociale sans précédent. Il s’apprête à liquider le code du travail, en procédant par ordonnances. Et voilà, de surcroît, qu’il veut pérenniser l’état d’urgence en l’intégrant à la loi commune. Il faut lui reconnaître à cet égard une certaine cohérence. Des manifestations contre les ordonnances pourront ainsi, dans certaines conditions, tomber sous le coup d’une loi officiellement destinée à combattre le terrorisme.

L’autre fait majeur commenté depuis le premier tour des législatives, c’est évidemment la faillite électorale de la gauche. Et c’est un fait que la gauche n’aura plus dimanche soir qu’une dérisoire représentation sur les bancs de l’Assemblée. Il est trop tard pour le regretter. Même si on peut en atténuer les effets en allant voter au second tour partout où des candidats de gauche peuvent encore l’emporter. Et il est trop tôt pour l’indispensable bilan qu’il faudra bien tirer de cet épisode. Mais, là encore, gare aux conclusions hâtives ! L’Assemblée nationale n’est pas la société française. Elle l’est moins que jamais, malgré les innombrables discours sur la "société civile". Car la gauche sociologique n’a pas disparu pour autant. Les salariés et les couches populaires vont, d’une façon ou d’une autre, réagir aux coups qui leur seront portés. La question est de savoir comment cela va s’exprimer. Et quand. Tout de suite, ou un peu plus tard si le discours macronien, qui vise à faire baisser les chiffres du chômage par la précarité, fait un moment illusion. Quoi qu’il en soit, la question de la légitimité, qui n’est rien d’autre en fait que la prétention du Medef à faire consensus autour de ses projets, va ressurgir.