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La nouvelle droite sous le masque du centrisme

Le monde politico-médiatique s’extasie devant la performance d’Emmanuel Macron, que d’aucuns veulent résumer comme le dynamitage des deux formations qui ont dominé la vie politique française depuis 40 ans, les Républicains et le Parti socialiste.

Le nouveau Président est présenté comme le nec plus ultra de la modernité politique. Pourtant, la réalité est bien plus forte que les apparences. La nomination d’un Premier ministre de droite marque l’aboutissement du processus français, déjà mis en œuvre dans la plupart des pays européens, qui a vu la marginalisation voire la disparition de la social-démocratie, effacée au profit des alliances de 3e force. Le Pasok en Grèce, le SPD en Allemagne, le PSOE en Espagne et le PS ici, la similitude de la situation opère une clarification évidente : l’austérité et la mondialisation financière ne s’accommodent pas avec les politiques sociales-démocrates.

On retrouve une nouvelle fois les vieilles lunes d’un centre qui a toujours pataugé à droite, tel que l’avait défini Giscard avec sa thèse du "2 Français sur 3". Ou encore le think tank socialiste Terra Nova, qui considérait qu’ouvriers et employés devaient être les victimes collatérales de ce qu’ils veulent bien appeler la modernité.

Le "macronisme", par-delà les précautions de style du Président, est bien l’incarnation de la nouvelle droite en France. Pour nous, progressistes, porteurs de l’émancipation humaine, notre combat est celui d’une opposition sans concession au libéralisme, opposition que veut usurper le Front national, adepte lui aussi du "ni droite ni gauche". Le combat contre le FN, qui vise d’abord à soustraire de son influence les milieux populaires, est pour nous central. Aucune alternative majoritaire sur un projet de transformation sociale ne sera possible dans ce pays sans la défaite idéologique de ce parti fascisant.

Il est temps de tirer les leçons de l’excellent score de Jean-Luc Mélenchon lors de l’élection présidentielle. Il nous appartient désormais de former, à l’Assemblée nationale, une majorité à même de proposer une politique de transformation sociale ambitieuse, qui répondra aux attentes sociales, démocratiques et écologiques.

Voir aussi l’entretien en ligne "Le centrisme n’a jamais marché en France; il est toujours retombé à droite" ici. (NDLR)