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Amplifier la dynamique citoyenne pour une alternative politique

Loin d’être seulement électoraux, les enjeux des élections législatives des 11 et 18 juin sont considérables.

Les élections législatives établiront des rapports de force électoraux et détermineront la composition de l'Assemblée nationale, ce qui n'est pas un enjeu mineur. Elles détermineront la politique de l’État. Elles auront des effets sur les rapports entre les institutions, sur la vie politique en général, mais aussi sur la poursuite de la dynamique citoyenne à l’œuvre en faveur d'une politique émancipatrice.

Une nouvelle quadripartition politique

Le premier tour de l'élection présidentielle a accouché d'un quatre quarts, les 4 principaux candidats (Macron, Le Pen, Fillon et Mélenchon) rassemblant chacun entre un cinquième et un quart des électeurs. C'est une situation inédite depuis 1978, mais la comparaison s'arrête là, car, à cette époque, le clivage droite-gauche était très fort avec deux alliances composées de deux partis chacun (RPR et UDF à droite, PS et PCF à gauche).

Aujourd'hui, les frontières entre le PS et la droite sont moins étanches, en raison de l'évolution du PS. En Marche ! est l'aboutissement de ce processus de recentrage sur des politiques au service des intérêts capitalistes. C'est aussi l'aboutissement de la recomposition politique que Valls appelait de ses vœux. Mitterrand l'avait déjà entamée par sa politique d'ouverture à droite, lors de son second mandat présidentiel, suivi en cela par Sarkozy lorsqu'il avait nommé des personnalités sociales-démocrates au gouvernement. Par contre, les politiques des dirigeants socialistes tels Hollande, Valls et consorts ne sont pas compatibles avec celles de la France insoumise et des organisations du Front de gauche (PG, PCF, Ensemble !...). Elles ont également contribué à fracturer le PS qui s'est effondré et dont l'avenir est incertain.

Le rassemblement de 7 millions d'électeurs dans le vote pour Jean-Luc Mélenchon est une forme d'expression, parmi d'autres, d'une formidable envie d'alternative.

Quant au FN, il occupe son propre espace. S'il ne remet pas en cause le capitalisme, il en a une conception nationaliste, contrairement à celle, libérale, de la droite, d'En Marche ! et du PS. Sous un discours qui se veut social, il présente comme principaux responsables des problèmes les populations qui en sont le plus victimes, masquant du même coup les responsabilités des capitalistes. Les régressions et les souffrances engendrées par les politiques des gouvernements et des capitalistes depuis des décennies, couplées, durant trop longtemps, au manque d'alternative crédible à gauche, ont permis au FN d'occuper un espace très important.

Mais la situation vient d'évoluer. La soif de changement, la détermination à y parvenir se sont conjuguées à la renaissance d'un espoir. Les 7,7 millions d'électeurs qui se sont rassemblés dans le vote Mélenchon en sont l'expression. Soulignons que ce vote a été particulièrement fort parmi les jeunes, les salariés, les milieux populaires, ceux qui ont été les plus exploités, précarisés, insécurisés, bafoués. C’est une forme d'expression, parmi d'autres, d'une formidable envie d'alternative.

Poursuivre la mobilisation citoyenne

Avec les élections législatives, il s'agit maintenant de poursuivre la mobilisation citoyenne, celle des luttes et celle du premier tour de l'élection présidentielle, afin de la rendre plus permanente et agissante, au-delà même des élections. Le danger de la poursuite de cette mobilisation citoyenne, pour leurs intérêts, les capitalistes et leurs propagandistes l'ont très bien perçue.

Dès le soir du 23 avril, la contre-offensive au résultat de Jean-Luc Mélenchon a été lancée, de manière très violente, massive et convergente, afin de détourner le maximum d'électeurs de ce choix politique, de morceler ce rassemblement, de casser l'espoir…

Dès le soir du 23 avril, la contre-offensive au résultat de Jean-Luc Mélenchon a été lancée, de manière très violente, massive et convergente, afin de détourner le maximum d'électeurs de ce choix politique, de morceler ce rassemblement, de casser l'espoir, de démobiliser et de faire revenir une partie de ses électeurs au bercail PS qu'ils avaient quittés ou de les amener à se rabattre sur Macron. D'où le mythe d'une prétendue victoire possible de Le Pen au second tour, afin d'accréditer l'idée de l'irresponsabilité ou, pire, de la complicité de Mélenchon du fait de son absence d'appel à voter Macron. Or, le seul véritable moyen de faire reculer le FN est dans une véritable alternative émancipatrice, pas dans la poursuite des politiques qui ont conduit nombre d'électeurs à se tourner vers le FN, par désespoir, exaspération ou rancœur.

Confirmer le changement de rapport de force à gauche

La fin de la domination du PS sur la gauche et la remise en cause de la politique qu'il a menée ouvrent de nouvelles perspectives. Un des enjeux des législatives sera de confirmer ce changement de rapport de force à gauche. Parce que les racines du bouleversement politique qui s'est produit au premier tour de l'élection présidentielle sont profondes, il y a des raisons de penser qu’il aura des prolongements.

Le premier tour de la présidentielle avait déjà mis en échec le bipartisme. Pourtant la limitation à deux des candidats au second tour de la présidentielle, contrairement aux autres élections, vise à enfermer la vie politique dans le bipartisme. Ce système pousse les électeurs à ne pas choisir le projet politique qu'ils souhaitent mais le candidat le moins éloigné d'eux qui est le plus susceptible de se qualifier pour le second tour et de gagner. Cela a encore fonctionné partiellement au bénéfice de Macron, mais de plus en plus de citoyens s'émancipent de la logique qu'on veut leur imposer.

Le record de blancs et nuls ce 7 mai, auquel il faut ajouter un taux d'abstention à un niveau inédit depuis 1969 et en progression par rapport au premier tour, montre que nombre d'électeurs dont le candidat avait été éliminé du second tour n'avaient pas envie de se rabattre sur un autre candidat dont ils rejettent la politique. Il y a donc de grandes chances qu'ils confirment aux législatives leur choix du 1er tour de la présidentielle.

Déprésidentialiser

Un sondage Kantar Sofres Onepoint sur les législatives, réalisé les 4 et 5 mai 2017, montre une relative stabilité des rapports de force politiques issus du 1er tour de la présidentielle : 2 % pour l'extrême-gauche, 15 % pour la FI, 1 % pour le PCF, 9 % pour le PS, 3,5 % pour EELV, 24 % pour la majorité présidentielle (EM ! MoDem), 22 % pour LR-UDI, 2,5 % pour DLF et 21 % pour le FN.

Le souhait très majoritaire des électeurs que Macron n’ait pas de majorité à l’issue des législatives montre le manque d’adhésion a son projet et la possibilité de l’empêcher de mettre en œuvre sa politique antisociale et ses méthodes antidémocratiques.

Ce sondage n'est pas basé sur les candidats réels dans chacune des circonscriptions, ces candidats n'étant d'ailleurs pas tous connus. Les écarts à la moyenne nationale peuvent être importants suivant les circonscriptions et les candidats. L'existence de candidats communs à deux formations viendra également modifier la donne. Néanmoins, ce sondage crédibilise la possibilité que Macron n'ait pas de majorité à l'Assemblée nationale. Il indique d'ailleurs que c'est le souhait de 49 % des électeurs, contre 34 % qui souhaitent qu'il dispose d'une majorité pour gouverner et 17 % de sans opinion. Un autre sondage Ipsos Sopra Steria réalisé du 4 au 6 mai 2017 donne 61 % d'électeurs ne souhaitant pas de majorité pour Macron, contre 39 %.

Ce serait la première fois depuis le passage du septennat au quinquennat présidentielle et l'inversion concomitante du calendrier électoral. Cette réforme a fait coïncider la durée des deux mandats et a placé l'élection présidentielle avant les législatives afin de faire de ces dernières une annexe de la première et conduire à l'obtention quasi automatique d'une majorité pour le président élu. Pour une fois, le renforcement de la présidentialisation des institutions de la Ve République peut être remis en cause, même en l'absence de changement constitutionnel. L'affaiblissement de l'institution présidentielle serait salutaire, tant celle-ci ne sert qu'à personnaliser le pouvoir, à le concentrer et à l'ôter aux citoyens.

Empêcher Macron d'avoir une majorité pour mettre en œuvre sa politique

Priver Macron de majorité pourrait permettre de l'empêcher de mettre en œuvre sa politique antisociale et ses méthodes antidémocratiques, comme l'autorisation qu'il entend obtenir de l'Assemblée nationale de prendre des mesures législatives par ordonnance, donc sans débat, amendements et vote du parlement.

Cependant, le priver de majorité ne suffira pas à créer les conditions d'un changement de politique allant dans le sens des intérêts des gens. Cela nécessite des majorités d'idées, des rapports de force dans la société et dans les institutions. Les nombres de voix et de députés qui porteront ces exigences y contribueront. En effet, le nombre de députés détermine les pouvoirs institutionnels et les moyens dont on dispose pour agir, non seulement à l'Assemblée nationale, mais parfois également avec les citoyens (voir lien en fin de l'article).

Appropriation citoyenne du pouvoir

À peine élu et pas encore en fonction, Macron voit déjà son projet politique contesté par des manifestants. Les luttes passées et présentes, l'insatisfaction profonde à l'égard des politiques menées depuis tant d'années, mais également à l'égard des institutions et du fonctionnement démocratique - qui ne l'est justement pas assez pour la majorité des gens - les conduisent à remettre en cause les cadres traditionnels de la vie politique. La France insoumise en est une expression, mais ce n'est pas la seule. En Marche !, malgré un projet qui se situe dans la continuité et l'aggravation des politiques des précédents gouvernements, incarne néanmoins, pour nombre de ses électeurs, une novation politique.

Un des enjeux du moment est de réussir durablement à faire vivre la politique autrement. Le souhait de la majorité des gens et la clef de toute démocratisation réside dans le renforcement du pouvoir des citoyens, partout, sur tout et tout le temps, pas seulement en leur donnant la possibilité d'élire des représentants une fois de temps en temps. La possibilité pour les citoyens de s'organiser pour réfléchir, d'agir ensemble, décider, dans la durée, est cruciale. Ils ont aussi besoin de pouvoirs dans leurs organisations, ne serait-ce que pour avoir envie de continuer à en être.


Un fort potentiel à ne pas gâcher

D’importants facteurs de mobilisation de l'électorat de Mélenchon existent, mais également des défis à relever et des risques de division à éviter.

Jamais, depuis 1978, il n'avait existé un tel potentiel pour la gauche de transformation sociale aux élections législatives. La perception des enjeux jouera dans la mobilisation des électeurs. Une participation élevée multiplierait le nombre de candidats qualifiés au second tour et les possibilités d'élections de députés.

Candidat arrivé en tête, par circonscription

Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans 67 circonscriptions, au premier tour de l'élection présidentielle, Emmanuel Macron dans 240, Marine Le Pen dans 216 et François Fillon dans 54. La situation est cependant plus ouverte que ne le laissent supposer ces chiffres, car les écarts sont parfois faibles entre le candidat arrivé en tête et celui arrivé en deuxième position. En outre, il y aura des triangulaires.

Des scores élevés de Mélenchon dans de nombreuses circonscriptions

Jean-Luc Mélenchon a réalisé plus de 30 % dans 30 des 577 circonscriptions.

En métropole, il a fait entre 25 % et 30 % dans 41 circonscriptions et entre 20 % et 25 % dans 172 autres.

Potentialités de qualification pour le second tour

Pour se qualifier au second tour des législatives, il faut soit arriver premier ou deuxième au premier tour, soit réunir un nombre de voix au moins égal à 12,5 % des inscrits.

Les candidats à l’élection présidentielle ont réalisé des scores qualificatifs dans le nombre de circonscriptions suivant : Emmanuel Macron dans 540, Jean-Luc Mélenchon dans 462, François Fillon dans 435, Marine Le Pen dans 415 et Benoît Hamon, Jean Lassalle et Nicolas Dupont-Aignan chacun dans 1 circonscription. Si l’on projette mécaniquement la dynamique du premier tour de la présidentielle sur le premier tour des législatives, il y aurait ainsi 238 quadrangulaires, 225 triangulaires et 114 duels1. Cependant, étant donné que la participation aux élections législatives devrait être inférieure à celle de la présidentielle et que les équilibres politiques peuvent varier, il est très probable que le nombre de qualifications pour le second tour soit inférieur et que le PS qualifiera des candidats dans plus d'une circonscription.

Sur la base cette fois-ci des rapports de force du premier tour de l'élection présidentielle et du taux de participation du premier tour des législatives de 2012, qui avait été le plus faible de la Ve République, avec seulement 55,4 % de votants, les candidats ont réalisé des scores qualificatifs dans le nombre de circonscriptions suivant : Emmanuel Macron 427, Marine Le Pen 295, Jean-Luc Mélenchon 237 et François Fillon 227. Dans cette hypothèse de participation très faible, il n'y aurait plus que 32 triangulaires.1

L'idée est forte que les jeux ne sont pas faits et que ces législatives peuvent permettre d'élire une majorité différente de celle du Président de la République. Cela peut avoir un puissant effet mobilisateur.

Plusieurs facteurs permettent de penser que les possibilités de qualification pour le second tour des législatives se situeront entre ces deux hypothèses extrêmes. Certes, il serait malheureusement étonnant que le taux de participation aux élections législatives soit aussi élevé qu'au premier tour de l'élection présidentielle : beaucoup de citoyens croient qu’entre l’élection législative et l'élection présidentielle, la seconde serait la plus importante, la plus décisive, alors que c'est le contraire. Cependant, l'intérêt pour les élections législatives est élevé. D'après le sondage Kantar Sofres Onepoint réalisé les 4 et 5 mai 2017, 73 % des électeurs disent s'y intéresser. C'est un taux assez proche de ceux observés par les instituts de sondage pour l'élection présidentielle.

Les enjeux sont importants et plus visibles que d'habitude. En effet, l'idée est forte que les jeux ne sont pas faits et que ces législatives peuvent permettre d'élire une majorité différente de celle du Président de la République ou, du moins, de le priver de majorité. Plusieurs forces politiques tiennent un tel discours. Cela peut avoir un effet mobilisateur et augmenter le nombre de qualifiés pour le second tour des législatives. Le refus de nombre d'électeurs de renoncer à leur choix du premier tour de l'élection présidentielle et de subir la politique de Macron, ainsi que leur volonté d'être entendus et d'avoir des députés constitue un facteur de mobilisation.

Les nouvelles limitations de cumul des mandats vont ouvrir le jeu

À partir de ces élections, un député ne pourra plus cumuler avec une fonction exécutive liée à un autre mandat. Plus aucun ne pourra être maire, maire-adjoint, conseiller délégué d'une mairie, ni être président, vice-président, conseiller délégué d'une intercommunalité, d'un département, d'une région ou d'une autre collectivité territoriale. Cela conduit de nombreux députés sortants à ne pas se représenter. Cette situation fera souvent perdre un avantage à leur formation politique en terme de notoriété, de réseau et d'influence de leur candidat. Elle facilitera non seulement le renouvellement des personnes, mais également des changements politiques.

L'enjeu de la mobilisation des électeurs de Jean-Luc Mélenchon

Certes, il est possible et souhaitable de gagner de nouveaux électeurs, qu'ils aient fait un choix différent à la présidentielle, comme certains électeurs de Macron qui avaient peur d'un duel Le Pen-Fillon, ou qu'ils se soient abstenus, par exemple. Cependant, l'enjeu principal, quand on a réussi à faire 7,7 millions de voix, c'est de mobiliser cet électorat. Une mobilisation supérieure à la moyenne, lors des législatives, permettrait d'augmenter les possibilités de qualification et de victoires au second tour. À l'inverse, une mobilisation inférieure ferait passer en dessous du seuil de qualification dans de nombreuses circonscriptions. Évidemment, cela passe par la valorisation des enjeux et des potentialités, lors de ces élections, mais pas seulement...

L'enjeu du contenu de la campagne des législatives

En 2012, les résultats des législatives avaient été nettement en deçà du résultat de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle. Certes, le contexte politique était très différent d'aujourd'hui et il y a plus d'étanchéité entre les électorats de Mélenchon et de Macron qu'il n'y en avait entre ceux de Mélenchon et de Hollande, à l'époque. Néanmoins, un tel phénomène n'était probablement pas fatal. En effet, en 2012, la campagne des législatives avait été à la fois dénationalisée et décentrée par rapport à la campagne présidentielle. Il n'y avait plus guère de campagne commune et des replis locaux excessifs avaient entraîné un décrochage par rapport à la dynamique nationale de la présidentielle. Ce phénomène avait été renforcé par la candidature de Jean-Luc Mélenchon dans la circonscription d'Hénin-Beaumont face à Marine Le Pen, qui avait contribué à décentrer la campagne en la faisant passer d'un combat pour un projet alternatif à un duel avec le FN.

Mobiliser les électeurs de Mélenchon et en gagner de nouveaux passe certainement par le maintien et même le renforcement des objectifs de transformation économique, sociale, écologique et démocratique de la société. Il y a encore beaucoup à gagner, notamment parmi les salariés du privé et du public.

L'enjeu du rassemblement sur des candidatures communes

Un accord national serait préférable car il permettrait la plus grande dynamique citoyenne et la mise en commun de toutes les forces. À défaut, plus il y aura de circonscriptions préservées des divisions, mieux cela vaudra.

Malgré ses succès, la France insoumise n'est pas, contrairement au Front de gauche de 2012, le cadre de rassemblement de tous ceux qui ont fait le choix de soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Le manque d'ambition initial des uns et des autres les a conduits à concentrer leurs objectifs sur un très petit nombre de circonscriptions considérées comme gagnables. Il s'ensuit maintenant des rivalités dangereuses qui, à l'heure où ces lignes sont écrites, ne sont toujours pas dépassées.

Un accord afin d'éviter des affrontements fratricides et potentiellement désastreux pour tout le monde est nécessaire. Et tout le monde, c'est d'abord les gens, même si les organisations concernées en subiraient forcément les conséquences. Dans de nombreuses circonscriptions, le seuil de qualification ou la victoire risquent de se jouer à quelques points seulement, voire à moins d’un point. Toute division est ainsi susceptible de provoquer l'élimination.

Certaines circonscriptions où Jean-Luc Mélenchon a réalisé ses meilleurs scores sont aussi celles où d'autres forces l'ayant soutenu sont les plus influentes. En cas de candidatures concurrentes, les voix qu'il a recueillies pourraient s'y diviser de telle manière que des circonscriptions censées être imperdables soient perdues. À l’inverse, si tous se battaient ensemble plutôt que les uns contre les autres, tout le monde serait gagnant compte tenu du nombre de circonscriptions où il est possible de l’emporter. Cela nécessite d’élargir la réflexion à toutes ces circonscriptions, et pas seulement à une poignée.

D’ici au 19 mai, jour de clôture du dépôt des candidatures pour les législatives, et même après, la conclusion d’un accord national serait préférable car il permettrait la plus grande dynamique et la mise en commun de toutes les forces. À défaut, plus il y aura de circonscriptions préservées des divisions, mieux cela vaudra. Choisir les meilleurs candidats dans chaque circonscription pour rassembler le plus largement possible et pour gagner serait également de bonne politique. Au lieu de prendre le risque de casser la dynamique, il faut la prolonger et l'amplifier et conforter l’envie des gens de se mobiliser pour changer leur vie. N'oublions pas que pour rassembler largement, il faut rassembler dans la diversité.

1. Source : AFP sur la base des résultats fournis par le ministère de l'Intérieur.