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De l'insoumission à l'émancipation

À quelques heures du scrutin du 7 mai, gardons-nous d'affirmer que les jeux sont faits car les surprises – bonnes ou mauvaises – n'ont pas manqué durant cette dernière année.

Les primaires censées sauver chaque camp de son éparpillement ont précipité le mouvement : Sarkozy et Hollande éliminés, ni Juppé ni Valls, leurs outsiders nominés, n'en ont bénéficié ; la primaire des écologistes, elle, s'est traduite par une non-candidature ; et au second tour, les deux partis qui ont alterné au pouvoir depuis 33 ans sont absents. En revanche, et bien plus qu'en 2002, les milieux populaires qui ont porté le vote de gauche se sentent exclus de ce second tour. Parmi les 7 millions d'électeurs de Jean-Luc Mélenchon, celles et ceux qui utiliseront le bulletin Macron contre la haine et le FN, garderont l'amertume de l'avoir fait contraints et forcés par un régime à bout de souffle.

Plus largement, le "choix" offert par ce second tour génère d'abord du mécontentement, mais cela importe peu aux capitalistes. Le désaveu des institutions n'ébranle pas les détenteurs du capital et les tenants de la mondialisation libre et non faussée : Emmanuel Macron, s'il risque fort d'être le président le plus mal élu de la Ve République, est adoubé par la totalité des médias aux mains du CAC 40 et la Bourse a réagi par un bond de plaisir au résultat du 1er tour !

La République se meurt parce que le Capital ne veut plus d'un État qui régule, qui assure des services publics pour tous. « Les multinationales qui bâtissent l’oligarchie financière ne veulent pas seulement violer le droit et la loi, elles veulent aussi les changer pour faire disparaître l’impôt et les États », disent à juste titre les frères Bocquet1.

À travers et au-delà des élections législatives, le défi à relever est celui de l'élaboration populaire d'un projet de société fédérateur et rassembleur. Où l'humain, et donc l'écologie, passent avant la finance ; où le travail, première activité sociale, est facteur de bonne santé. Pour une société ouverte et inclusive, qui se renforce par la diversité des individus qui la compose et la renouvelle dans cesse. Pour une république qui proclame partout le droit à l'égalité, à la paix et au libre développement. Le rassemblement dans les luttes pour l'émancipation est notre avenir.

1. Alain & Eric Bocquet, Sans domicile fisc, Le Cherche Midi.