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Face à la réaction et au néo-libéral, l’émancipation humaine

Cette élection présidentielle restera dans les annales comme l’une des plus atypiques de la Ve République. Les scandales plus ou moins costumés ont grevé le débat projets contre projets, laissant une masse d’électeurs aussi indécis qu’écœurés. À trois semaines du 1er tour, on navigue à vue tant le paysage politique apparaît atomisé, instable. Tout devient possible, même ce qui paraissait inenvisageable, telle la présence de Jean-Luc Mélenchon au 2e tour. Comme si la clarté, la conviction, la cohérence dans la durée finissait, dans ce tableau politique éclaté, par porter ses fruits plus vite que prévu.

La droite devait connaître une élection imperdable. Et l’affaire Fillon a littéralement terrassé les tenants de la règle d’or et de la réaction. Dans les territoires les plus populaires, difficile de venir présenter un tract pour Fillon tant le costume à 6 SMIC, les mensonges et autres arrangements avec l’argent ont décrédibilisé le candidat.

Si l’UMP est dans les choux, le deuxième grand parti de France traverse aussi une tempête d’une ampleur mal anticipée. Le bilan du quinquennat colle au candidat PS. De l’excellente campagne de Benoît Hamon dans la primaire au score de moins de 10 % du candidat PS dans les sondages, il n’y a eu qu’un pas, celui de l’impossible rassemblement des socialistes, profondément coupés en deux. Tentant de tenir tous les bouts, Hamon est pris dans l’étau, entre un prétendu vote utile avec Macron et la force d’une cohérence dans la durée portée par J.-L. Mélenchon.

Au fond, ce qui se cherche, c’est une nouvelle voie. Alternances après alternances, les Français ont vu les politiques se suivre et se ressembler. Emmanuel Macron feint de porter une révolution mais ce n’est que hold up idéologique. Macron n’est rien d’autre que le candidat de la continuité de trente ans de recettes néolibérales.

Mais bon nombre préfèrent encore le système en place au changement radical avec Marine Le Pen. Cette dernière engrange sur les décombres de la Ve République et d’un ressentiment croissant parmi les catégories populaires. Seul J.-L. Mélenchon peut encore changer les termes du débat et du vote. S’il arrive dans les jours qui viennent à se hisser clairement devant Fillon, il devient une hypothèse pour le 2e tour et pour la victoire. Loin de la haine, la division, le repli du FN, Mélenchon porte la justice sociale, la transition écologique, la démocratie véritable. Il peut cristalliser une espérance tournée vers l’émancipation humaine et renverser la table. Et donc pas seulement empêcher le pire mais assurer le mieux.