Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Rubriques

Altercommunisme

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Les gâteaux

La légitimité des grandes télés en question à l’heure de la crise politique

Incapables de se renouveler et d’assumer leur part de responsabilité démocratique, les grandes chaînes et leurs journaux télévisés sont confrontés à une inédite panne d’identité.

Ceux qui n’ont pas encore décidé d’éteindre leurs télévisions et de les mettre à la cave ou au grenier ont actuellement de quoi se poser la question, vu le traitement de l’élection présidentielle par les grandes chaînes. Sans oublier que chacun se rappelle au moins une fois par an qu’il paye la redevance annuelle, malgré l’insupportable gavage quotidien à la publicité que nous subissons. Ce n’est pas un hasard si la confiance envers l'information délivrée par les médias a dans la dernière période franchi un cap négatif. Une étude publiée tout récemment1 vient ainsi de montrer qu’en la matière 41 % seulement des répondants se fient aujourd’hui à la télévision, soit une baisse de 9 points en un an. En fait, les journalistes sont de plus en plus considérés comme incapables de résister aux pressions politiques (pour 67 % des sondés) et à celles des pouvoirs financiers (pour 58 %). Si l’on ajoute qu’une part encore plus importante de citoyens considèrent que les médias ont un rôle important pour la présidentielle, à condition que l’actualité relève bien d’une « information vérifiée pour suivre la campagne » (74 %, contre 10 % de soutien à l’idée que les médias devraient aider à faire des choix et 10 % qu’ils devraient s’engager)… alors on se dit que sont réunis tous les ingrédients d’une crise de confiance. Au-delà de ces aspects quantitatifs, il faut bien constater que les journaux sont devenus, globalement, mauvais.

Les journalistes sont de plus en plus considérés comme incapables de résister aux pressions politiques (pour 67 % des sondés) et à celles des pouvoirs financiers (pour 58 %).

Des choix éditoriaux incompréhensibles

Le classement de l’actualité, enjeu stratégique majeur, semble aujourd’hui réalisé sans fil conducteur, sans ligne directrice. Mais il y a des constantes. Le traitement de l’actualité à l’étranger est particulièrement insatisfaisant, focalisé généralement sur quelques sujets, de plus traités très superficiellement, sans fournir les éléments de connaissance et de compréhension permettant de saisir de quoi on parle. L’actualité française souffre à la fois d’un traitement de la politique complètement défaillant (lire plus loin), d’un trop plein de faits divers et d’une place démesurée faite à la violence, d’une quasi absence des grands thèmes et débats de société (sauf la sécurité, mais sur un registre généralement… sécuritaire). Les thèmes de prédilection sont toujours les mêmes : la gabegie des services publics, l’inventivité des chefs d’entreprises, le pauvre sort des médecins… À certaines périodes, la météo et ses problématiques connexes (coups de soleil, chaleur, déshydratation !) occupent, en plus de sa présentation distincte par les commentateurs spécialisés, un temps démesuré. Les intellectuels, les associations, les militants sont bannis de la plupart des journaux (et des émissions), sauf lors des actions humanitaires (Sidaction ces jours-ci).

Choix éditoriaux incompréhensibles, nullité des commentaires quotidiens, témoignages instrumentalisés, prolifération de sujets inintéressants… les journaux de 20 h sont devenus une catastrophe quotidienne.

Actualité politique : une dépolitisation très politique

Comme l’écrit Acrimed dans sa dernière livraison, le traitement de l’actualité politique consiste à « orienter le regard du lecteur davantage vers les jeux d’appareils et les stratégies politiciennes que vers les questions d’intérêt général et les luttes collectives en cours » : « C’est un des effets les plus profonds mais les plus inaperçus de ce journalisme paresseux : à orchestrer si minutieusement la ronde de candidats interchangeables, la politique se trouve vidée de sa substance, réduite qu’elle est à une affaire de personnes et de querelles personnelles ». Acrimed voit là une « arme de dépolitisation massive », où la délimitation restrictive des débats et la focalisation sur un petit nombre d’individus souvent interchangeables « plutôt que sur les innombrables questions susceptibles de nourrir le débat proprement politique » conduisent à occulter « certaines thématiques sensibles ».

Nullité des commentaires quotidiens

Ne nous contentons pas de décerner la palme de la nullité "journalistique" à Nathalie Saint-Cricq. Dans le domaine des commentaires délivrés en direct, le principal format est devenu celui où un journaliste prend la parole pour donner trois chiffres censés décrire une réalité, à l’exclusion de toute présentation des débats et des points de vue qu’ils suscitent… avant de se faire ensuite remercier par le présentateur de la chaîne pour « ces éclairages ». Pourquoi ce format ne suscite-t-il pas une vague de colère des téléspectateurs ? Peut-être car nous sommes là dans une version de la quantophrénie, cette tendance à prétendre résumer la réalité à des indicateurs : on croit qu’il y a là de l’objectivité, quant au contraire, le choix des données est profondément subjectif. Mais aussi parce que les sujets étant toujours différents, chacun peut se plaindre lorsque ces pseudo-commentaires concernent un sujet auquel il est sensible, mais moins quotidiennement sur chacun d’entre eux. Derrière ce format anodin, la censure de la complexité de la réalité et la misère réflexive.

Ces chaînes dont les présentateurs se lamentent du manque de débats de fond, qu’attendent-elles pour les organiser, pour inviter sur leurs plateaux des citoyens, des intellectuels, des chercheurs, des élus, des associations ?

Trois petits témoignages et puis s’en vont

Autre format qui censure la réalité et ne porte aucune ambition réflexive, le soi-disant reportage de terrain à la "rencontre des Français" (sic). Quelques images de contexte, censées laisser penser qu’un travail d’investigation aurait été fait. Et la focalisation sur un thème, qui donne lieu à une petite compilation de propos de micro-trottoirs (pas plus de deux phrases par personnes). On entend souvent comment la porte d’entrée du journaliste s’impose. Par exemple, il souhaite faire la démonstration que les caméras dans l’espace public améliorent la sécurité ? Il oriente les témoignages sur les problèmes de vol, et confond sentiment de sécurité et conséquence sur les délits. CQFD. Et chaque jour ou presque, un sujet du même acabit, bien loin de la vie concrète des gens. Et pourtant, si dans un tout autre registre, la gastronomie, on est capable de faire d’extraordinaires tournées des cultures locales, voire des portraits individuels passionnants, pourquoi ne le pourrait-on pas s’agissant des questions dites de société ? N’y-a-t-il rien (ou si peu) à dire sur les mutations de la société, sur les innovations sociales, les réflexions et initiatives citoyennes qui se développement partout dans la société ?

Les journaux de 20 heures
au bout du rouleau

Le temps est loin où l’on parlait de TF1 comme de la chaîne de droite, de France 2 comme d’une chaîne sociale et de France 3 comme de la chaîne des territoires. Des années de domination des idées néolibérales mais aussi de multiplication des canaux d’information ont transformé les journaux télévisés en revue superficielle de l’actualité, sans place pour les débats et les contradictions. Le poids des chaînes d’information en continu, ou plutôt des chaînes qui répètent en continu l’information de surface, conduit à une course générale à l’info vite-dite-vite-passée, focalisée sur la mise en scène et le (pseudo) scoop permanent, au détriment des éléments de connaissance et d’analyse. Notons cependant que cela n’exclut pas les pépites, ce qui veut dire qu’il existe encore des journalistes de qualité, et qui travaillent.

Seule exception dans ce paysage misérable, le journal d’Arte fait souvent place à des approches documentaires et parfois à des réflexions critiques mais le format est court, trop court. Quant à la 5, elle offre parfois une vision rafraîchissante de l’actu, malgré souvent le conformisme béat de ses commentateurs permanents et invités. Au total, le journal télé est à repenser entièrement.

G.A.

Prolifération de sujets inintéressants

C’est fou le temps consacré par les grandes chaînes à des sujets sans intérêts, qui souvent ne devraient pas trouver place dans les journaux mais dans des émissions dites de divertissement ou de loisirs, et encore ! Le plus étonnant, peut-être, c’est qu’on envoie parfois à l’autre bout du continent des équipes télé pour s’intéresser à des micro-thèmes. Dimanche dernier, sur TF1, pour nous montrer combien l’Europe a du bon, on nous expliquait le sort enviable des 800 retraités français qui vivent à Malte, où l’on apprenait qu’ils ne payent pas d’impôt mais que malheureusement les soins médicaux sont très chers. Quelques jours plus tard, il était question de la reproduction des grenouilles, et de voir le Nord de la France en montgolfière, etc.

Médiacritique(s), le magazine trimestriel d’ACRIMED, l'Association CRItique des MEDias, vient de sortir. Au sommaire de ce nouveau numéro, notamment, un dossier intitulé "Misère du journalisme politique"(Voir en note).
Médiacritique(s), le magazine trimestriel d’ACRIMED, l'Association CRItique des MEDias, vient de sortir. Au sommaire de ce nouveau numéro, notamment, un dossier intitulé "Misère du journalisme politique"(Voir en note).

Irresponsabilité démocratique

En amont puis lors du débat du 20 mars sur TF1, qui réunissait seulement 5 des 11 candidats à l'élection présidentielle, il n’y a finalement eu guère de dénonciation du caractère profondément antidémocratique du choix de la Une. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) a d’ailleurs estimé que le « choix d'une chaîne d'organiser un débat n'associant qu'une partie des candidats relève de sa responsabilité éditoriale », soulignant sans rire qu’il « incombe à la chaîne de veiller à ce que ce choix n'entraîne pas une rupture du principe d'équité de traitement entre l'ensemble des candidats ». Quant au prochain débat prévu sur France 2, Jean-Luc Mélenchon met en cause sa préparation et les conditions prévues pour sa tenue2. Dans de telles conditions, on voit mal comment les règles d’équité puis d’égalité entre les candidats pourraient être respectées au quotidien. Mais ce sujet concerne aussi le rôle même de la télévision.

Internet et la révolution culturelle
de l’information

Internet est devenu une des principales sources d’information, la seule ou presque pour les jeunes. Ce qui aboutit à une situation ambivalente. Pour le meilleur, l’accès à de multiples info à travers tous types de formats s’est généralisé à tous, ou presque. Tout le monde peut en principe s’approprier des connaissances très riches et des débats tous azimuts : quoi de mieux pour alimenter une citoyenneté vivante ! Pour le pire, les inégalités dans l’appropriation des connaissances se reproduisent dans les usages d’Internet, où chaque consommateur d’information peut parfaitement se retrouver dans son univers culturel habituel et, en réalité, n’accéder jamais à ce qui lui permettrait d’élever sa réflexion et de cultiver son esprit critique.

Au lieu de repenser leur rôle, les grandes chaînes de télévision se sont lancées dans la course aux formats des chaînes d’info et s’alignent sur les dernières actu du web. Faute de recul, d’envie et de moyens, elles sont loin d'imaginer ce que pourraient être leurs rôles de demain, par exemple celui-ci : produire une information de qualité, pédagogique, stimulant la réflexion et contribuant aux débats de la société.

* G. A.

Chacun remarque que les présentateurs télés passent beaucoup de temps à se lamenter du manque de débat de fond au cours de la présente campagne des présidentielles. Et dans le même temps, ils passent leur temps à alimenter les polémiques sordides sur les affaires des uns et des autres. Mais qu’attendent-ils pour organiser des débats intéressants, pour inviter sur leurs plateaux des citoyens, des intellectuels, des chercheurs, des élus, des associations ? Bien sûr, ce sont les politiques qui sont les premiers responsables de la nullité du débat public, de telle sorte qu’on peut penser qu’il s’agit pour beaucoup d’entre eux de ne pas assumer leurs projets et leurs programmes. Mais les médias n’ont-ils pas beaucoup à faire pour ouvrir les portes du débat public à la société civile, y compris d’ailleurs sur ce que révèlent les fameuses affaires ?

Et toujours… les mêmes commentateurs

François Langlet, Christophe Barbier, Jean-Michel Apathie… multi-chaînes, multi-créneaux, multi-revenus, ils sont quelques-uns à continuer de hanter tous les plateaux. Et comme ils occupent la place, avec leurs sempiternels commentaires généralement néolibéraux, ils prennent la place d’autres, qui auraient beaucoup à dire. Qu’ils s’en aillent tous !

Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle

À l’issue de son congrès tenu du 6 au 8 mars, le Syndicat national des journalistes CGT s’est adressé aux candidats à l’élection présidentielle. Cerises en publie le texte intégral.

À quelques semaines de l’échéance présidentielle de 2017, le Syndicat national des journalistes CGT, réuni en congrès, vous adresse cette lettre au moment où les journalistes sont la cible d’attaques virulentes qui constituent autant de coups portés à la démocratie et à la liberté d’expression.

Une poignée de dirigeants de grands groupes industriels ont fait main basse sur les grands médias. Pour eux, l’information représente un produit d’appel pour valoriser leurs offres commerciales.

Ces agressions s’expriment dans un contexte où la profession et le pluralisme sont, plus que jamais, en grave danger.

Pourquoi notre profession est-elle en danger ? D’abord parce que son indépendance est menacée, compromettant par exemple notre lien de confiance avec le public, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes, usagers du multimédia.

Au cours des deux derniers quinquennats, le processus de concentration s’est accéléré : une poignée de dirigeants de grands groupes industriels, dont en premier lieu les opérateurs de télécommunication ou bancaires, ont fait main basse sur les grands médias. Pour eux, l’information représente un produit d’appel pour valoriser leurs offres commerciales.

Ces nouveaux patrons de presse, souvent en affaires avec le pouvoir, contrôlent contenus et contenants au travers de la convergence des supports rendue possible par les nouvelles technologies. En clair, si, de facto, il existe plus de sources d’information, en réalité l’uniformisation des contenus et la monopolisation des médias tuent le pluralisme qui est réduit à sa portion congrue. Le débat démocratique est annihilé au profit du prêt-à-penser néolibéral, privant les citoyens de clés pour comprendre.

L’audiovisuel public est miné par la politique d’austérité réduisant les emplois et imposant mutualisations et polyvalences qui nuisent à la qualité de l’info.

Cela se traduit concrètement par la disparition de titres. Parmi les titres qui subsistent, combien sont indépendants des grands groupes ? Des sites "pure player" se sont créés mais leur modèle économique reste fragile. La presse syndicale, associative et militante est sous perfusion.

L’audiovisuel public est miné par la politique d’austérité réduisant les emplois et imposant mutualisations et polyvalences qui nuisent à la qualité de l’info. Après la suppression de 750 équivalents temps plein à partir de 2012, Delphine Ernotte, nommée en 2015 PDG de France Télévisions, arrivant du groupe de télécommunications Orange, continue dans la même logique. Au total entre 2012 et 2020, ce sont 1 250 emplois qui auront disparu soit 12 % des effectifs.

L’information est de plus en plus sous contrôle.

La loi Bloche (15 novembre 2016) qui vise « à renforcer la liberté, l’indépendance et le pluralisme des médias » est très loin de répondre à l’urgence de la situation. Le texte ne s’attaque pas au problème de fond, celui de la propriété des médias. La loi prévoit une charte éthique par entreprise avant le 1er juillet 2017. De plus rien ne change sur la protection des sources, réforme promise par l’actuel chef de l’État, et sur l’indépendance des rédactions.

Les concentrations s’accélèrent…

Nous assistons à une véritable révolution copernicienne dans les modèles économiques et financiers des médias ces dernières années avec une accélération des concentrations. Après la prise emblématique du Monde par un trio formé d’un banquier (Mathieu Pigasse) et de deux hommes d’affaires - Xavier Niel (Free) et Pierre Berger - Vincent Bolloré, qui possède aussi bien des entreprises de publicité et de communication, des instituts de sondages (CSA), des plantations, des groupes de transports, des entreprises de stockage d’énergie, est aujourd’hui le principal actionnaire via Vivendi de Canal +. Les méthodes brutales de management du groupe breton ont montré le poids des puissances d’argent sur les médias dont il a pris le contrôle : censure à Canal +, et licenciements massifs de 90 journalistes en lutte sur I-Télé. Patrick Drahi, principal actionnaire du groupe Altice Media Communication endetté à hauteur de 50 milliards d’euros, contrôle Libération, le groupe L’Express et BFM…

En presse régionale, le pluralisme est moribond. Le Crédit mutuel contrôle tous les quotidiens de l’Est de la France jusqu’en Rhône-Alpes. Le Crédit Agricole dispose de 30 % des parts du groupe La Voix du Nord, qui est également propriété du groupe belge Rossel. Le quotidien lillois est au centre d’un plan social drastique. Le groupe belge pourrait prochainement s’emparer de Paris Normandie moyennant un plan de licenciements. On peut aussi rappeler les opérations de Bernard Arnault (2e fortune en France) sur les quotidiens nationaux, comme Le Parisien, et le contrôle de la presse magazine par de grands groupes multinationaux (Lagardère, Mondadori, Bertelsmann, etc.).

Notre syndicat demande un projet de loi mettant en place les conditions de l’indépendance juridique des rédactions par rapport aux actionnaires…

La profession se précarise…

Depuis 2009 le nombre de journalistes diminue régulièrement. En six ans la profession a perdu 1 400 titulaires de la carte de presse, soit 4 % de ses membres, même si le nombre d’entrants dans la profession est à peu près stable chaque année. Ces deux dernières années, ce sont plus de 250 journalistes de plus de 15 ans d’ancienneté qui sont partis des rédactions à l’arrivée de nouveaux actionnaires soit en clause de cession soit lors de PSE ou de plans de départ volontaires.

Les reporters-photographes sont sinistrés et les agences photographiques qui faisaient la renommée de notre pays ont disparu du marché de la photo d’actualité.

Quant aux salaires, les négociations de branche ou par forme de presse sont quasiment inexistantes. En 1980 le salaire brut moyen d’un journaliste représentait 1,8 du salaire moyen français, aujourd’hui il en représente 1,2. Les entreprises jouent sur cette précarisation en proposant aux jeunes journalistes de devenir auto-entrepreneur ou producteur, y compris dans le service public. La précarisation des journalistes s’accompagne de l’appauvrissement du métier par les obligations de plus en plus imposées à exercer poly-compétences et autres tâches techniques.

Quelles solutions ?

Le SNJ-CGT qui défend depuis longtemps le pluralisme, l’éthique, la déontologie et les conditions de travail des journalistes vous demande de prendre en compte ses revendications. Il faut pour cela s’inspirer du programme du Conseil National de la Résistance, qui avait pour ambition « d’assurer la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances de l’argent et des influences étrangères ».

Il faut s’inspirer du programme du Conseil National de la Résistance, qui avait pour ambition « d’assurer la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l’égard de l’État, des puissances de l’argent et des influences étrangères»

Notre syndicat demande :
- L’inscription dans la Constitution du droit à l’information
- Un projet de loi mettant en place les conditions de l’indépendance juridique des rédactions par rapport aux actionnaires.
- Le renforcement d’un service public des médias audiovisuels.
- Une réflexion sur l’impression et sur la distribution.
- Une refonte du CSA.
- Un statut novateur pour les entreprises de presse afin de garantir une presse démocratique, associative, alternative, pluraliste et indépendante.
- L’inscription du financement de l’audiovisuel public dans la Constitution.

Il vous demande aussi de :
- Assurer la protection du secret des sources des journalistes en réformant enfin la loi de 2010. 


- Relancer les dispositions anti-concentration dans les médias.
- Prohiber la détention de médias aux groupes bénéficiant de commandes publiques.
- Sauvegarder les droits d’auteurs en abolissant la loi Hadopi et toutes les dispositions qui favorisent la mutualisation des contenus.
- Un statut pour les lanceurs d’alerte
- De vous assurer que les aides publiques à la presse accompagnent des politiques volontaristes privilégiant la qualité de l’information et la sauvegarde des emplois.

Notre combat est aussi celui de la démocratie. Contre les mesures sécuritaires du quinquennat actuel (loi Renseignement et Etat d’urgence).

C’est pourquoi nous vous demandons d’agir en appuyant nos propositions pour renforcer le pluralisme et l’indépendance des journalistes dans ce pays.

Nous attendons des réponses à nos très vives inquiétudes et nous vous prions d’accepter nos salutations syndicalistes.

Acrimed, Médiacritique(s), "Misère du journalisme politique.

1. Voir ici. Notons que la baisse de la confiance envers les médias va avec la récurrence de croyances pourtant démenties. Par exemple, comme l’indique Le Monde, « 39 % des sondés continuent de croire que l’État a réservé plus de 77 000 logements HLM pour l’accueil de familles de migrants ; 38 %, que des maires de province font venir des personnes étrangères de Seine-Saint-Denis dans leur ville en échange de subventions ».

2.C’est ici