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Pas seulement 2017

Il y a aussi 2018 et c'est en Nouvelle-Calédonie. Au plus tard en novembre 2018 se tiendra la consultation sur l'indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

Magnanime la République ? Comme toujours en Outremer !

Sur les listes électorales de cette consultation manquent encore les noms de milliers de Kanaks. Ainsi sur les 153 678 recensés par l'État en juillet 2016 moins de la moitié soit 65 467 sont Kanaks, quand, selon les indépendantistes, il en faudrait 25 282 de plus. Ils sont la différence entre les 90 749 personnes en âge de voter recensées par la Direction Générale de la Réglementation des Affaires Coutumières et les 65 467 identifiées par l'Institut de la Statistique des Études Économiques en Nouvelle-Calédonie.

Est-ce le dernier avatar d'une longue histoire des luttes indépendantistes ?

La seconde République avait libéré les esclaves en 1848 et indemnisé les maîtres mais elle n'a pas eu le temps de procéder à la colonisation de la Nouvelle-Calédonie en 1853, c'est l'empereur Napoléon III qui l’a conduite.

Enfin, la IIe République avait commencé le travail puisque c'est sa corvette, l'Alcmène, chargée des repérages en vue de l'implantation d'un bagne, qui en 1850 est arraisonnée à Yenghebane dans le nord de la Grande Terre. Plusieurs officiers et hommes d'équipage sont tués. Le massacre fournit un prétexte à Napoléon III. Il donne alors instruction à plusieurs navires de guerre français de prendre possession de la Nouvelle-Calédonie (à condition que le Royaume-Uni alors en compétition avec la France ne l'ait pas déjà fait).

Les luttes d'indépendance commencent très tôt. Dès 1878, Ataï, personnalité de Komalé, mène l'insurrection. L'administration coloniale de la Troisième République, le fera tuer par un auxiliaire Kanak. D'autres insurrections suivront, dont celle de Noël en 1917, mais c'est à l'issue de la seconde guerre mondiale que s'enclenche jusqu'à aujourd'hui, le mouvement indépendantiste. Il prend sa place dans le mouvement qui traverse toutes les colonies françaises. 1968 et les vingt années qui suivent voient la structuration du mouvement indépendantiste et la tendance à l'unification des organisations avec la naissance du FLNKS et sa mobilisation entre 1984 et 1988. Durant les trois décades suivantes, l'espérance d'indépendance mise à rude épreuve demeure néanmoins. La République châtie durement les revendications, le camp indépendantiste pleure ses morts, Jean-Marie Djibaou, Éloi Machoro sont assassinés, la spirale de la division s'installe.

Les indépendantistes semblent dépasser cette étape. Le congrès du FLNKS tenu le week-end dernier semble resserrer les liens de ses quatre composantes. La motions adoptée qui porte sur l'indépendance prévoit de faire de Kanaky une « nation juste et solidaire ». Et le Front mobilise ses troupes sur la question du corps électoral de consultation, il affirme en sortie de congrès rechercher un accord politique sur l’inscription automatique des Kanaks tout en sensibilisant les citoyens à l'inscription volontaire. Le temps de la discorde mortifère est-il dépassé ? Un seul point de désaccord demeure : la non-participation de la composante "Union Calédonienne" aux élections présidentielle et législatives.

Quelle part prendre ici pour que la domination prenne fin en Nouvelle-Calédonie. En ne s'accommodant pas d'un angélique souhait de démocratie mais en embrassant la part de combat démocratique qui nous revient. Et ces jours de campagne électorale sont propices. On peut aider les camarades candidats à la députation à tacler la loi Républicaine comme elle s'applique en Nouvelle-Calédonie. Par trop bienveillante aux menées démographiques opiniâtres pour intégrer au corps électoral le plus possible de "derniers arrivés". On peut, dans les assemblées électorales commencer tout de suite une 6e République respectueuse des peuples de la terre.