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L'unité à quelles conditions ?

L'élection présidentielle 2017 a ceci de remarquable qu'aucun sortant ne sera candidat. C'est dire si le bilan des deux quinquennats précédents provoque du rejet. Pressé par d'autres de ne pas se présenter, Hollande a du renoncer à sa candidature. C'est sous sa présidence que s'est développé un grand mouvement social, situation inédite depuis l'existence de gouvernements dirigés par le PS. Sarkozy et Valls quant à eux, ont été battus aux primaires.

La victoire de Benoît Hamon qu'on le veuille ou non rebat les cartes à gauche. Il doit sa victoire à la ferme volonté d'électeurs de gauche de se débarrasser de Valls, lequel incarne la loi Travail, le 49-3 et l'état d'urgence. L'oublier condamnerait Benoît Hamon à rejoindre les recalés de cette campagne.

Le scénario d'une candidature de gauche au second tour de l'élection présidentielle face à la fille Le Pen redevient crédible et nourrit l'aspiration à l'unité entre Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon et Yannick Jadot. Pour qui a connu le scénario de 2002, ce n'est pas rien.

Les amabilités échangées par JLM et BH ces derniers jours sonnent-elles la fin du débat ?

JLM et les insoumis ont raison de rejeter toute forme de tractations entre partis. Cette façon de faire de la politique ne fait heureusement plus recette et est vouée à l'échec. Mais alors il faut tirer pleinement les conclusions de cette posture. La réponse à l'interpellation qui est faite aux trois candidats ne peut pas être tranchée que par eux seuls.

Redonner la parole aux citoyens qui ont très majoritairement soutenu les luttes contre la loi Travail et créer une dynamique qui impose une unité sur des bases claires, un rassemblement dont les contours excluent les vallsistes et les héritiers de Hollande et achèverait l'éclatement du PS, est la seule voie possible. Les militants déjà engagés dans la campagne ne mesurent pas à quel point la crise démocratique est profonde et conduit des milliers de citoyens à revendiquer leur abstention, ou à n'entrevoir comme solution que les candidats se revendiquant de l'anti-système et donc nécessite de produire des actes en rupture avec toutes les formes de délégation de pouvoir.

La question du choix du candidat est-elle insurmontable ? Oui, si on fétichise l'élection présidentielle, alors que tous les candidats disent vouloir une 6e République et en finir avec ce mode de représentation. Ces institutions de la 5e République n'en finissent pas de nous imposer leur carcan et de nous interdire toute transformation profonde de la société.

Bien sûr, Jean Luc Mélenchon s'inscrit plus dans la rupture avec les politiques néolibérales que ne le fait Benoît Hamon ou Yannick Jadot notamment sur la question du revenu universel, proposition soutenue aussi bien par eux que par des libéraux (cf Cerises n°313), il faut donc débattre du contenu du projet. Mais s'il se mettait au service de cette unité, JLM contribuerait à élargir la base d'un rassemblement plus prometteur dans lequel chacun pourrait prendre place sans avoir à montrer patte blanche ou signer une charte dont il n'a pas décidé le contenu.

Prendre le pari de la mise en mouvement des gens, affronter la complexité d'un rassemblement dans toute sa diversité demeure la seule voie possible pour nous permettre d'éviter un second tour calamiteux, de mettre un coup de frein aux politiques destructrices de nos droits sociaux et fondamentaux et d'envisager la suite plus sereinement.

La porte est étroite et le temps nous est compté. Mais quoi qu'il arrive, il ne s'agit que d'une étape dans la vie politique. Remettons les élections à leur juste place, et travaillons à recréer un imaginaire collectif pour dépasser le capitalisme. Ce devrait être le centre de notre activité. Quel que soit le président élu.