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Maudit pouvoir ?

Ah Benoît ! Il en fait tourner des têtes ce gars là. Ma fille me dit : « Mais il a l’air de gauche ! ». En 1997 s’est posée pour Les Verts la question d’aller au gouvernement de "gauche plurielle", certains disaient : « Lui, c’est pas pareil, il a l’air honnête ». Et comme certains prenaient ce trotskiste tendance lambertiste pour un protestant, cela accréditait la thèse. Puis, les premiers six mois passés, il a bien fallu donner son vrai nom à cette déception de plus : "la gauche plus rien".

Alors, oui, ça se pose à nouveau. Et nous sommes quelques uns à ne pas exclure une alliance Hamon-Jadot-Méluche – histoire de cohérence puisque nous avons toujours cherché l’union de la gauche du PS au rouge et au vert – mais à se demander (dans un appel sur Médiapart) quelles conditions pour ne pas recommencer les mêmes erreurs…

Dans ce texte nous pointons plusieurs éléments. La question des connivences, des conflits d'intérêt, de la famille, des amis avec les puissants quand ce n'est pas le recrutement des responsables socialistes eux-mêmes dans les directions des multinationales. De manière plus générale, l'intégration des élites socialistes dans la bourgeoisie influence forcément leur position ; idem le recrutement dans les élites scolaires. Nous évoquons le sentiment hégémonique du PS qui n’aura pas de limite tant que ce parti sera majoritaire seul à l'Assemblée. L'urgence est donc une sixième République qui commence par une Constituante, assurant la diversité au Parlement et faisant place à l'intervention citoyenne permanente.

Mais ce serait un peu facile de pointer seulement les méchants socialistes. Nos amis ne sont guère plus brillants. À Grenoble, EELV a bien vite appliqué la rigueur budgétaire, s’attaquant à la lecture publique. À l’Ile-Saint-Denis (municipalité "écolo-citoyenne"), à Montreuil (PCF), on envoie les flics contre des squatts, ici culturel, là de mal logés maliens ou Rroms et dans cette dernière, on mène la vie plus dure que l’ancienne municipalité - jusqu’à l’extrême - à des camarades syndicalistes. À La Courneuve, la mairie communiste fit la sourde oreille au magnifique projet associatif d’aménagement du bidonville Rrom du Samaritain et donna sa bénédiction au projet de bétonnage du Parc de La Courneuve. À Saint-Denis comme à Gennevilliers, on installe des caméras de vidéo-surveillance. Et dans cette dernière ville, l’intervention citoyenne est la bienvenue tant qu’elle ne touche pas à la question des ZAC et des tours, sinon, c’est annulation de salle, préemption des locaux pour empêcher l’installation et menace de devenir "plus méchant"...

« Le pouvoir est maudit, c’est pour cela que je suis anarchiste », disait Louise Michel. Mais alors, quoi ? Là aussi, faut-il chercher dans le profil des édiles : de la politique toute sa vie et peu d’expérience de la "vraie vie" ? L’intégration, non pas dans la bourgeoisie, mais dans un microcosme local où l’on dit au grand homme surtout ce qu’il a envie d’entendre, en tout cas pas ce que disent les habitants ? L’hégémonisme que donne le pouvoir municipal où le mode de scrutin peut donner une majorité écrasante, même quand la liste arrivée en tête n’est pas ou peu majoritaire ? Le sentiment de toute légitimité - qui s’ajoute à la bonne conscience des avant-gardes - qui ne fait pas prendre en compte les mobilisations citoyennes ?

À défaut de s’y pencher sérieusement, nous sommes condamnés à reproduire ces échecs. Au niveau national si le candidat de la plupart - Méluche - gagnait cette élection. Au niveau local, y compris avec des copains qu’on trouvait "si bien". Et c’est encore plus triste quand la déception personnelle se mêle à l’échec collectif...