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2017 et Octobre 1917

2017 est aussi le 100e anniversaire de ce qui a débouché sur une formidable désillusion à l’échelle de la planète : la Révolution d’Octobre. De nouveaux colloques, documentaires se préparent, Le Monde se fend déjà d’un numéro spécial… Et nous ? Du passé ne faisons-nous pas trop vite table rase ? Question posée non pas par nostalgie mais pour interroger ce qui a fait si profondément défaut.

Qu’est-ce qui a manqué le plus profondément si ce n’est d’élaborer une pensée propre aux exploités, indépendante de celle du capital ? La révolution a été pensée sans changement de paradigmes suffisamment étendus. Deux traits marquants : "Tout le pouvoir aux soviets" s’est réduit à la prééminence de l’État et au système représentatif au point d’y absorber le rôle du parti, d’où la pente vers le parti unique ; quant au rapport salarial, Lénine a été un adepte du taylorisme. Comment expliquer cette pénétration du passé dans l’espace de la Révolution ? Le souvenir de l’écrasement de la Commune de Paris nourrit alors l’obsession de la réussite. En France c’est le triomphe du parlementarisme, en Russie c’est la course au rattrapage des pays capitalistes en se limitant à la répartition des richesses. Course que l’on retrouve aussi bien au début de l’URSS chez Lénine qu’à sa fin chez Gorbatchev important les méthodes managériales des USA.

Sommes-nous à l’abri d’un tel manque ?

Les primaires ont mis le revenu de base universel sur le devant de la scène. On pourrait penser que quelque chose avance, mais en même temps le Compte Personnel d’Activité (CPA) est en route. Il s’agit de substituer au contrat de travail un contrat de type commercial où l’on se loue à la tâche en ne bénéficiant des protections sociales que pour la durée dudit contrat. Donc entre deux séquences de travail, il faut bien assurer la survie.

Le cadre actuel du capitalisme ne peut plus durer en l’état. Devant l’exaspération, les forces du capital sont en train de le faire éclater et préparent autre chose. On veut nous faire prendre pour de la radicalité ce qui est un redéploiement du capital. Dans un appel, Christine Lagarde, Martin Hirsch et Pascal Lamy estiment qu’il est essentiel de rompre avec le capitalisme financier fondé sur une maximisation folle du profit (Le Monde, 16 novembre 2016).

Les primaires sont une tentative de répondre à une critique montante de la politique et du système représentatif. Critique qui, en phase avec l’esprit des Nuits Debout, ne se contente plus de dénoncer les promesses non tenues mais met en cause la délégation de confiance inhérente à ce système.

Que les organisations les plus concernées aient réduit pour l’essentiel l’analyse de la faillite soviétique au grand soir et au dramatique état des libertés nous empêche de chercher à produire nos propres concepts. Les forces alternatives, en pensant être réalistes, apparaissent porteuses de mesures ne mettant pas en cause l’existence du capitalisme et des méthodes vieillies. Elles laissent, alors, le terrain au populisme et à l’extrême-droite, qui eux, revêtent les habits du "hors normes". Trump en est une illustration.

Produire nos propres concepts ne consiste pas en un travail d’experts mais à aborder actions et actualité à partir d’un angle de vue qui dépasse déjà le capitalisme. Le dépassement du rapport salarial, de la dissociation travail/hors travail, une conception non délégataire de la démocratie, la maîtrise des clés de l’économie, un autre rapport entre social et politique sont autant de visées pour affronter les enjeux immédiats.