Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Horizons d'émancipation

La 4 de couv'

Note d'actualité

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

SE FÉDÉRER POUR L'ÉMANCIPATION

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Cuisine alternative

La carte de France pour les siècles et les siècles ?

Carte de la "Zone économique exclusive" française
Carte de la "Zone économique exclusive" française

Tout le monde n'entend pas que la carte de France, avec ses territoires d'Outre-mer soit à jamais immuable. Le courant indépendantiste de l'Océanie française réfléchit et travaille à cette "mutation cartographique" au présent.

Dans ces îles d'Océanie qui apportent à la France 53 % de sa ZEE1 (4 771 088 km2 pour la Polynésie et 1 422 096 km2 pour la Nouvelle Calédonie), le mouvement indépendantiste ne s'insurge pas contre "l'héritage colonialiste", il entend mettre un terme maintenant à la relation coloniale que la France entretient maintenant avec les terres, les eaux et les peuples Kanaks et Mahois .

La question coloniale française a déjà envoyé une république ad patres ( la IVe). Les promoteurs de la VIe seraient d'une incroyable surdité s’ils imaginaient quelque amélioration, quelque dépassement de la réalité coloniale, sans poser avant tout le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. La manifestation la plus tangible de ce positionnement passe pour la gauche de transformation par l'affirmation de sa disponibilité à co-construire maintenant les conditions de cette indépendance. Conditions a priori favorables aux peuples concernés qui ont déposé entre deux et trois siècles de travail gratuit sur ces terres, finançant ainsi la place de la France sur la planète.

Mais comment fait-on pour être sourd ?

2011, Oscar Temaru, du parti Tavini Huiraatira (Le serviteur du peuple polynésien), indépendantiste de toujours, est alors président de la Polynésie française. Il profite de son mandat pour obtenir la réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser de l'ONU, dont elle avait été retirée en 1947. Mai 2013, Gaston Flosse et son parti le Tahoeraa Huiraatira (Rassemblement populaire), rejeton local de l'UMP-LR gagne les élections. Hostile à cette réinscription, il se heurte néanmoins à l'ONU à la motion des Îles Salomon, les Tuvalu et Nauru. La réinscription de la Polynésie est maintenue, les gesticulations conjointes du Tahoeraa Huiraatira et du Parti socialiste échouent. Par vote de l'Assemblée générale, l'ONU affirme le droit inaliénable de la population de la Polynésie française à l'autodétermination et à l'indépendance.

Le 4 octobre dernier, 17 pétitionnaires ont pris la parole après Oscar Temaru devant la 4e commission des Nations Unies.

C'est dans ce contexte que celui-ci entend porter la question de l'indépendance de la Polynésie dans le débat métropolitain en se présentant à la présidentielle. Il bénéficie d'ores et déjà des parrainages de la totalité des élus indépendantistes de Nouvelle-Calédonie et les militants de son parti s'activent actuellement auprès d'élus métropolitains.

On notera que sur cette liste onusienne des pays à décoloniser figurent des pays où les indépendantistes ont été battus lors de consultations électorales. Cela ne saurait effaroucher les militants de L'Humain d'abord qui mesurent chaque jour que les idées dominantes dominent, mais aussi parce que le colonialisme par consentement demeure du colonialisme2.

Dans une prochaine "Cuisine alternative" de Cerises on évoquera la question brûlante du référendum d'indépendance de 2018 en Nouvelle-Calédonie.

1. Une zone économique exclusive (ZEE) est, d'après le droit de la mer, un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d'exploration et d'usage des ressources.

2. Formule empruntée à Carlyle Corbin, spécialiste de la décolonisation, expert indépendant auprès de l'ONU.