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Pouvoir et politique

Des USA à l’Autriche en passant par la France, l’usure des solutions tièdes et des méthodes délégataires parvient à un point de saturation. Pour le moment, c’est l’extrême-droite qui capte l’aspiration à sortir du système et à tout bousculer. Vague irrésistible ? Ou espace abandonné dans la mesure où en face, il n’y a que timidité et répétition de ce qui a perdu tant de crédibilité ? Il ne reste que la menace du "encore pire" pour appeler à se mobiliser. Menace qui ne produisant aucune dynamique nouvelle laisse nombre d’électeurs en quête d’alternative démotivés.

L’image dominante de la politique est celle de la récupération des aspirations pour en faire des marchepieds à la conquête du pouvoir. Avec, pour le moins, des résultats durant les 40 dernières années qui ne poussent pas à l’enthousiasme. Le bilan du XXe siècle, toutes forces confondues, interdit de pousser les hauts cris pour dénoncer le caractère erroné de cette image. C’est l’expérience qui parle. Alors que la période est marquée par la volonté de faire par soi-même, la conception de la politique, elle, n’a pas changée. Elle se pare çà et là de petits aménagements qui trompent de moins en moins de monde. Primaires plutôt que décision prise entre états-majors mais primaires derrière des êtres supérieurs (mettez-y des guillemets), combats des chefs, auto proclamation…

La balle est bien dans le camp des forces politiques. Militants compris. Il est fréquent parmi eux de considérer que le mouvement du printemps dernier n’a pas su déboucher sur la production de politique nécessaire. C’est à la fois vrai et un peu trop vite dit. Un peu trop vite dit dans la mesure où implicitement cela fait faire l’économie de s’interroger sur soi et sur ses pratiques. Un peu comme si nous n’étions que les observateurs de phénomènes qui nous seraient extérieurs.

Ne nourrissons-nous pas une forme d’engagement qui, à notre insu, donne à voir un pouvoir accaparé pour décider à un petit nombre d’élus (au sens biblique du terme) plutôt que d’affronter la complexité inhérente à l’exercice de la démocratie et du rassemblement d’options diverses  ? Reconnaissons que lorsque l’on agit, il n’y a rien de plus spontané que de voir midi à sa porte. Le pouvoir est ce qui est le plus difficile à partager.

Cet accaparement est la porte que l’on claque inconsciemment au nez de ceux qui voudraient bien s’en mêler. Il nourrit le sentiment d’être maintenus hors du champ des décideurs. Et ce n’est pas qu’un sentiment : on est bien en dehors. Ce n’est pas un simple défaut, c’est le prisme par lequel passe toute la vision de la politique. Pour être plus précis : la vision que chacun a de la possibilité réelle d’y participer.

Il n’est pas trop tard pour faire mieux. Celles et ceux qui détiennent des leviers d’action ont le pouvoir de donner un signal. Évidemment, il est peu pensable qu’une appropriation collective de l’élaboration et des leviers politiques soit réalisable en quelques mois. Mais il n’y a pas de transformation profonde autrement que dans le temps long et il faut bien commencer un jour. Ce n’est jamais le bon jour (pour cela il faudrait que les forces du capital marquent une pause), il y a toujours plus urgent, mais nécessité fait loi. Être efficace, c’est travailler les mouvements des plaques tectoniques de la société et des comportements.

Faire du nouveau une première fois est toujours difficile, mais les fois suivantes en dépendent.