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La Turquie entre marche à l’autocratie et résistances

Des espoirs démocratiques portés par de puissantes manifestations en 20131 à l’échec du putsch de juillet 2016, la Turquie s’enfonce-t-elle dans une autocratie dictatoriale ? Qu’en disent les voix de la transformation démocratique ? Analyses et illustrations.

La Turquie après la tentative de coup d’État du 15 juillet.

Plus de deux mois sont passés depuis le 15 juillet 2016 et la tentative de coup d’État en Turquie par des fractions de l’armée, dont le régime accuse la confrérie Gülen (Voir encadré page 3).

Si cette tentative ne pouvait constituer qu’un recul, sa mise en échec n’a en aucun cas constitué une avancée démocratique.

La confrérie Gülen

Fetullah Gülen a commencé à se faire connaitre en tant que prêcheur de la mouvance nourdjou dans le milieu des petits commerçants d’Izmir. À mesure que son influence s’agrandit, Gülen prit son indépendance et constitua son propre mouvement, qui ne s’impliqua jamais directement dans la sphère politique. Gülen constitua un réseau éducatif à destination des enfants venus des quartiers pauvres ou des milieux modestes de la campagne.

Sa confrérie assurait une éducation de qualité à ses ouailles, qui restaient en solidarité professionnelle après leurs études, notamment au sein de l’appareil d’État. Gülen prit toujours très grand soin de cultiver ses réseaux et sa proximité avec tous les pouvoirs successifs, et accueillit favorablement le coup d’État de 1980. Il profita à plein de la campagne de libéralisation de l’enseignement pour renforcer son réseau de cours particuliers. Il s’allia avec le mouvement principal de l’islam politique turc, Vision Nationale, qui trouvait ses racines également dans la petite et moyenne bourgeoisie pieuse anatolienne. Puis avec Recep Erdogan quand celui-ci accéda au pouvoir, à partir de ses positions dans l’État (particulièrement la Justice et la Police), la mouvance Gülen participa activement à la répression d’opposants. Cette alliance fut rompue pour des raisons de partage de butin économique.

* E. Ö.

L’incrédulité devant la faiblesse de la tentative a entraîné la théorie de "l’auto-coup" monté par Erdogan pour justifier la mise au pas du pays.

Une hypothèse plus probable, avancée par le journaliste Ahmet Sik, est qu’une alliance liant gülenistes et non gülenistes était à l’origine du coup d’État mais s’est dissoute, une partie des uns trahissant les autres, le gouvernement aurait en amont négocié avec une partie des putschistes.

Le coup d’État et son échec ne marquent pas un tournant dans l’évolution de la Turquie mais l’accélération de dynamiques déjà enclenchées par le régime de Recep Erdogan avant cette tentative.

Ensuite, des listes des magistrats suspendus ont été très rapidement publiées, probablement parce qu’elles existaient depuis bien longtemps et, qu’en somme, le gouvernement a fait preuve d’opportunisme en les utilisant dans le nouveau contexte ouvert par le coup d’État et son échec, qui lui était très favorable.

Un coup d’État qui favorise
l’arbitraire et la répression

On peut de toute façon relever que le pouvoir d’Erdogan n’était pas menacé et n’avait pas besoin d’une telle opération. En effet, le 15 juillet ne marque pas un tournant dans l’évolution de la Turquie mais l’accélération de dynamiques déjà enclenchées par le régime de Recep Erdogan avant cette tentative.

L’état d’urgence
du sultan Erdogan

Le bilan de 50 jours d’état d’urgence établi par l’Association des Droits de l’Homme de Turquie est éloquent :
40 000 gardes à vue

20 000 incarcérations
80 000 fonctionnaires démis de leur fonction
Fermeture de
45 journaux
24 radios
18 canaux de TV
29 maisons d'éditions
3 agences de presse
100 journalistes mis en garde à vue
37 journalistes incarcéré-e-s
28 mairies mises sous tutelle.

En deux mois, la réduction, déjà en cours, de l’espace légitime du social et du politique a été terrible. Le phénomène est tout sauf nouveau, mais il est devenu encore plus puissant et spectaculaire. L’effort du régime est immense pour faire de la turcité, du sunnisme, du capitalisme, du patriarcat (et bien sûr de l’hétérosexualité) le seul cadre de débat acceptable d’autant plus que chacun de ces thèmes est préempté par l’AKP (Parti de la Justice et du Développement, du président Erdogan).

La répression ne concerne pas seulement les militants et la population civile kurdes. Elle s’étend désormais à tous ceux qui émettent des objections face aux événements en cours.

L’état d’urgence décrété après la tentative de coup d’État laisse le champ libre à l’arbitraire d’État et à la répression de toute forme d’opposition. Très rapidement, les poursuites ont largement dépassé les initiateurs du coup d’État pour toucher des dizaines de milliers de fonctionnaires subalternes dont une bonne partie avait pour principal tort de recevoir leur salaire sur une banque appartenant au mouvement Gülen. Les dernières purges massives ont, sans surprise, élargi la répression à tous types d’opposants de gauche, kurdes, démocrates… Dans l’éducation, la dernière fournée de 11 000 fonctionnaires destitués a particulièrement touché les syndicalistes de gauche et des "universitaires pour la paix" ayant dénoncé les exactions de l’armée turque au Kurdistan.

Éliminer toute
expression démocratique

Cette évolution touche tous les domaines et en premier lieu la sphère politique. Si le coup d’État du 15 juillet a échoué, un autre est en train d’être finalisé : celui entamé par le gouvernement au mois de mai avec l’adoption d’une réforme constitutionnelle contre le HDP (Parti Démocratique des Peuples, jonction du mouvement kurde, d’une partie de la gauche radicale, de secteurs démocratiques). Cette réforme consiste en l’adoption d’un article provisoire de la Constitution levant l’immunité parlementaire des députés poursuivis en justice au moment du vote. Toute l’astuce est dans ce caractère "provisoire" : seuls sont visés les députés faisant actuellement l’objet d’une procédure judiciaire. Les députés dans ce cas ne sont pas seulement des membres du HDP (51 sur les 137 députés concernés au total) mais c’est le parti le plus touché (Sur les 667 procédures judiciaires en cours 405 portent sur 51 députés HDP sur un total de 58 députés de ce parti). Le régime turc ne fait pas mystère que la procédure vise à exclure les députés HDP du parlement et à les faire condamner. Entre autres, ses deux co-présidents Selahattin Demirtaş et Figen Yüksekdağ sont poursuivis pour « apologie du terrorisme ». Depuis le coup d’État, l’offensive s’est étendue aux mairies du DBP (Parti des Régions Démocratiques, parti frère du HDP pour les élections locales au Kurdistan) dont 27 ont été mises sous tutelle par l’État. Ainsi, outre la répression des populations au Kurdistan, le principe même de leur représentation commence à être remis en question.

La volonté de reformater l’espace public a été particulièrement visible lors du grand "Meeting de la Démocratie et des martyrs" à Yenikapı, Istanbul, le 7 août 2016, spectaculaire mise en scène du cadre légitime de la politique en Turquie autour de la figure centrale de Recep Erdogan. (Voir le 2e article)

Il convient de noter, que comme avant le coup d’État, deux partis "d’opposition" nationaliste (l’ultranationaliste MHP, Parti du Mouvement Nationaliste, et le nationaliste "de gauche", CHP, Parti de la République et du Peuple, membre de l’Internationale socialiste) ont servi de marchepied à l’AKP. Ainsi, ces partis avaient soutenu la réforme constitutionnelle de mai visant le HDP et ils ont participé au meeting de Yenikapı. Si l’AKP applique en grande partie la politique du MHP, celui-ci n’a guère plus d’espace politique. Le rôle le plus lamentable est joué par le CHP dont le président, Kemal Kılıçdaroğlu, a reconnu la réforme constitutionnelle contraire à l’État de droit… pour la voter et a déclaré : « Nous avons tout offert au gouvernement pour combattre le terrorisme ». Si le CHP connait des contradictions internes (le maire CHP de Canakkale a exprimé sa solidarité avec le district de Sur en état de siège dans le Kurdistan, des initiatives intéressantes sont prises par son secteur jeunes…), elles restent assez faibles et ne remettent pas en cause la ligne générale de ce parti qui concourt au désastre en cours.

La répression ne concerne pas seulement les militants et la population civile kurdes. Elle s’étend désormais à tous ceux qui émettent des objections face aux événements en cours. De ce point de vue, l’affaire de l’institutrice Ayse est symbolique. En janvier 2016, face aux massacres en cours et au black-out médiatique en Turquie, Ayşe Çelik, une institutrice turque en poste au Kurdistan, appela une émission de talk-show (genre variétés), très populaire, pour raconter ce qui se passait. Ce fut une scène assez surréaliste : le mur du silence fut brisé grâce à la conscience d'une institutrice qui ne pouvait pas supporter l'idée de partir en laissant ses élèves dans cet enfer comme elle en avait reçu l'ordre. Elle est aujourd’hui poursuivie pour propagande terroriste - et son statut d’enseignante contesté -, à l’instar de nombreux écrivains, intellectuels, journalistes….

Un acteur majeur de déstabilisation
et d’autoritarisme dans la région

À l’international, dès avant la tentative de coup d’État, le régime d’Erdogan a abandonné ses rêves de prédation sur la Syrie. L’opposition du régime turc à la dictature sanguinaire d’Al-Assad n’avait strictement aucune dimension démocratique, elle visait surtout à asseoir une domination turque (du capital turc plus précisément) sur ce pays, tout en brisant les velléités de mise en place d’entités kurdes autonomes sous contrôle du PKK à sa frontière sud.

Pour poursuivre ses objectifs, Erdogan fut très complaisant avec Daesh en Syrie et ses groupes sympathisants en Turquie. Mais sans obtenir de résultat probant, Erdogan se retrouva particulièrement isolé à l’échelle internationale. Le régime turc renonça alors à ses ambitions hégémoniques et se concentra sur les fondements de sa politique étrangère : détruire la possibilité de zones autonomes kurdes à ses frontières sud. Erdogan s’était déjà rapproché de la Russie, de l’Iran et d’Al-Assad avant la tentative de coup d’État, tout comme il avait rétabli des liens cordiaux avec Israël. Là aussi, cet événement ne fit qu’accélérer le processus. Cette évolution a contribué à l’impunité du régime d’Al-Assad et de ses alliés pour commettre l’effroyable massacre en cours à Alep et la destruction des foyers issus de la révolution syrienne.

Le régime turc apparait ainsi comme un acteur majeur de déstabilisation et d’autoritarisme dans la région.

* Emre Öngün

La Turquie d’Erdogan

Arrêtée le 21 juillet, la journaliste kurde Zehra Dogan a été jetée en prison aussitôt après une parodie de justice. Elle avait, entre autre, raconté sous forme de dessins l’histoire des gens bombardés et tués jusque dans des sous-sol à Cizre, en janvier 2016. Un des massacres illustrant la répression exercée par l’État turc contre les Kurdes.
Arrêtée le 21 juillet, la journaliste kurde Zehra Dogan a été jetée en prison aussitôt après une parodie de justice. Elle avait, entre autre, raconté sous forme de dessins l’histoire des gens bombardés et tués jusque dans des sous-sol à Cizre, en janvier 2016. Un des massacres illustrant la répression exercée par l’État turc contre les Kurdes.

: La marche au pouvoir d’Erdogan. Sur les arches : "Présidence", "Sultanat ". Dessin Nuhsal Isin.
: La marche au pouvoir d’Erdogan. Sur les arches : "Présidence", "Sultanat ". Dessin Nuhsal Isin.

À Yenikapi "meeting de la démocratie".
À Yenikapi "meeting de la démocratie".

Arrestation manu militari de journalistes, ici du caricaturiste Doğan Güzel. Dessin de Halil İncesu.
Arrestation manu militari de journalistes, ici du caricaturiste Doğan Güzel. Dessin de Halil İncesu.

Derrière "l’union nationale" un coup d’État civil

Tenter d’entraîner les Turcs derrière une Histoire récupérée en galvanisant le sentiment national et en muselant toute opposition sociale et politique comme trahissant cette Histoire, c’est ce que tente le régime d’Erdogan à son profit. Extraits d’une analyse du Kedistan2.

Deux dates supplémentaires figurent désormais au panthéon de la Turquie, le 15 juillet et le 7 août 2016. Entre ces deux dates, le coup d’État civil d’Erdogan aura progressé à pas de géant.

Un décorum au service
du pouvoir personnel

La forme même de ce rassemblement, les rappels incessants de ses participants orateurs, voyageant tous entre 1920 et 2023, forment un pont pour accueillir le triomphe d’Erdogan.

Entre la présence de janissaires sur scène, celle de la figure emblématique du père de la République, celle d’un officier de haut rang, et les retours en arrière vers l’évocation de la “guerre d’indépendance”, il y avait bien une mise en scène politique à usage du “petit peuple” et d’élites désormais “alliées”. Des réminiscences de l’empire ottoman à l’évocation de la Turquie nouvelle, celle des grands chantiers, du rayonnement mondial de la “civilisation turque”, il s’est construit là un récit populaire, dont la nouvelle figure tutélaire est Erdogan en personne.

Le décorum même du meeting, entre modernité et permanence des emblèmes de la Nation “éternelle”, le tout sous le regard de “Dieu”, forge une continuité avec le Palais, tout en déroulant aujourd’hui ouvertement les alliances entre pouvoir, religion, et accaparement des oripeaux républicains au service d’une démocrature. Ajoutez le poison d’une unité nationaliste, et les grandes lignes pour demain et après demain sont tracées.

Voilà pour le roman populaire qui a été servi dimanche. Le drapeau appartient à tout le monde, la Nation/peuple est redevenue souveraine, mais le Dieu qui décide est son berger, et en l’occurrence le César de la tribune qui parla le dernier.

Pour consolider le tablier du pont, les dirigeants de partis, dont le CHP, classé comme parti d’opposition, prêtent leurs dos à l’édifice.

Le coup d’État civil a trouvé une étape essentielle ce 7 août.

De fait, si rien n’a changé dans les projets d’Erdogan et de l’AKP, déjà engagés bien avant juillet, et depuis plus d’une décennie, le paysage politique lui, se trouve éclairci. Toute opposition à la marche en avant vers la Turquie nouvelle, désormais se retrouvera “anti nationale” et “terroriste”, devant le “peuple souverain”, l’État, ses forces de coercition rassemblées entre les mains du Président. Devenir un traître et un ennemi de l’intérieur à la solde de l’étranger sera facilement repérable. Cela ne pourra être qu’en dehors de “l’union nationale” et du “mouvement de l’histoire de la Turquie”, maintenant que la figure de Gülen a servi d’exutoire.

Un recul historique pour les mouvements sociaux et démocratiques

Réfléchissons sur le sort futur de ces mineurs, ces ouvriers de l’automobile ou du textile, qui demain voudront partager les fruits de la “Turquie nouvelle”. Après une telle démonstration et la présence de leurs directions, nous pouvons penser que les “revendications” vont attendre. Il sera également intéressant d’observer comment les populations pourront continuer à défendre leur environnement attaqué par les chantiers de la “modernité”, maintenant que les écologistes eux mêmes ont fait les girouettes au lendemain du coup d’état manqué.

Écoutons avec attention les menaces non voilées proférées par Erdogan à l’encontre des terroristes “présents et à venir”, le PKK étant nommément cité et placé sur un pied d’égalité avec les gülenistes de l’étranger et Daesh… Le combat social et la question de toutes les minorités du pays ne devra pas se réclamer de ces anti-unité-nationaliste, ou sera sous le coup du “nettoyage”… avec la bénédiction des “démocrates”.

C’est donc bien cela qui a changé. La capitulation politique totale de ces représentants de l’ex-laïcité, de la république juste, de la défense de l’égalité. Bref, la mise à jour d’une supercherie de “centre gauche”, comme on nous l’annonce encore sur le catalogue des fronts.

Ce 7 août est un recul historique pour les mouvements sociaux et les forces politiques qui s’opposent à la démocrature. Le “front populaire” qui vient de se créer est celui de la résignation et de l’acceptation du César, du Dieu et de son tribun.

Une économie capitaliste sauvage

Tout cela n’aurait pu se faire sans bain de sang, si derrière ce mouvement là, qui conforte Erdogan, pourtant en difficultés internationales il y a quelques mois encore, et en prise avec des succès économiques en berne, si derrière ce mouvement, les grands secteurs économiques et financiers n’accompagnaient pas le processus.

Tout cela n’aurait pu se faire, si derrière ce mouvement, les grands secteurs économiques et financiers n’accompagnaient pas le processus.

Erdogan n’a pas abordé de front ces questions. Il sait qu’il doit garder la confiance de la finance, et contrôler la corruption. Avoir dans sa manche la carte des libéraux sociaux du CHP ne lui suffira pas. Avoir passé ce cap sans être lui même contraint d’engager le coup de force, et avoir profité du putsch manqué lui aura servi aussi à contenter les milieux d’affaires qui ont besoin de calme et d’ordre. Ceux là même l’avaient contraint à respecter les “formes” parlementaires et les processus électoraux. Peut être devra-t-il aller au-delà dans son sacre, et changer la constitution par référendum plébiscite, pour faire boire le calice jusqu’à la lie à sa pseudo opposition.

Chantages à l’international

Dans le ballet diplomatique, c’est aussi avec derrière lui cette liesse populaire et cette union nationale qu’il se rendra à Moscou, et probablement demandera à revoir la copie des tripatouillages en Syrie. Le Rojava3 sera dans la balance, une fois de plus.

Alors, dans tout cela, les atermoiements allemands sur le trop grand nombre d’Imams turcs et les menaces de ne pas céder sur les visas sont petite monnaie. Le chantage à l’UE sur les réfugiés se trouve renforcé, et le discours sur la peine de mort montre bien que “l’intégration européenne” n’est pas le souci de l’heure.

C’est à peu près ce qu’on peut tirer à chaud de ces événements du 7 août.

Et pour ne pas terminer sur une note aussi pessimiste, on peut dire que l’avenir d’une Turquie démocratique ne repose plus désormais que sur les quelques millions de Turcs et de Kurdes qui ont déjà compris, ou comprendront demain, que ce pays est dirigé par une démocrature qui mène des peuples à l’abîme, à la guerre possiblement et à un désastre social, pour le triomphe de son Sultan et d’une économie capitaliste sauvage, destructrice de vies, de cultures et d’environnement humain.

La Turquie démocratique en résistance

Manifestation le 22 avril 2016, devant le Palais de justice à Çağlayan (Istanbul) en soutien des quatre "universitaires pour la paix", emprisonnés depuis le 15 mars. Sur la banderole et les pancartes :   "Nous insistons pour la paix", "On ne peut pas incarcérer la paix", "La paix va gagner", "Nous ne serons pas complices de crimes !"  Photo site mouvements.info
Manifestation le 22 avril 2016, devant le Palais de justice à Çağlayan (Istanbul) en soutien des quatre "universitaires pour la paix", emprisonnés depuis le 15 mars. Sur la banderole et les pancartes : "Nous insistons pour la paix", "On ne peut pas incarcérer la paix", "La paix va gagner", "Nous ne serons pas complices de crimes !" Photo site mouvements.info

Ripostes à l’arrestation et l’incarcération d’ Ayşe Çelik  : "Je suis l’enseignante  Ayşe", "Aucun enfant ne devrait mourir".
Ripostes à l’arrestation et l’incarcération d’ Ayşe Çelik : "Je suis l’enseignante Ayşe", "Aucun enfant ne devrait mourir".

Le mouvement d’opposition a tenu de nombreux rassemblements, qui ont réuni des dizaines, voire au total des centaines de milliers de personnes dans de grandes villes. Ci-dessus à Gazi (Istambul) le 23 juillet, avec le HDP.
Le mouvement d’opposition a tenu de nombreux rassemblements, qui ont réuni des dizaines, voire au total des centaines de milliers de personnes dans de grandes villes. Ci-dessus à Gazi (Istambul) le 23 juillet, avec le HDP.

Sauf mention spéciale, les illustrations sont empruntées à Kedistan, "le petit magazine qui ne se laisse pas caresser dans le sens du poil"
Sauf mention spéciale, les illustrations sont empruntées à Kedistan, "le petit magazine qui ne se laisse pas caresser dans le sens du poil"

Turquie - Démocratie en péril

Depuis la mise en échec de l’AKP aux élections de juin 2015, le gouvernement turc a décidé de mener une répression sanglante contre la population kurde et de criminaliser toute autre opposition (démocrates, militants syndicaux et des droits des LGBT, défenseurs des droits de l’Homme, avocats, universitaires pour la Paix, journalistes…).

La tentative inacceptable de coup d’État du 15 juillet 2016 est devenue un prétexte à la mise en œuvre d’une répression sans précédent contre l’ensemble des opposants démocrates et bien sur de la population kurde. L’établissement de l’état d’urgence permet au Conseil des ministres, depuis le 20 juillet dernier, de gouverner par décret en suspendant l’obligation du respect de la Convention européenne des droits de l’Homme.

Après l’arrestation de plus 50 000 fonctionnaires dans les premiers jours suivant la tentative du coup d’État, le gouvernement vient de destituer, par décret, plus de 11 301 enseignants dont plus de 9 843 membres du syndicat Egitim-Sen. Dans un souci de faire taire l’opposition politique dans les régions en guerre, 28 mairies, dont 24 villes kurdes, sont placées sous tutelle administrative.

Nous dénonçons avec force la répression menée par le gouvernement turc et nous appelons l’UE et le gouvernement français à ne plus être complices, par leur silence, de l’installation d’un régime autoritaire en Turquie. Nous refusons que la démocratie et les droits fondamentaux en Turquie soient sacrifiés sur l’autel de l’opportunisme et au chantage aux réfugiés.

Nous appelons l’ensemble des organisations, des partis politiques, des syndicats et des citoyens épris des valeurs de démocratie et des droits humains à exprimer leur solidarité en participant au meeting de soutien aux démocrates et aux défenseurs des droits de l’Homme en Turquie.

Meeting de soutien aux démocrates et aux défenseurs des droits de l’Homme en Turquie

Le mercredi 19 octobre 2016 à 18h30

Salle Olympe de Gouges

15, Rue Merlin – 75011 Paris (Métro : Père Lachaise – Voltaire)

En présence d’invités de Turquie

Pour signer et participer à cette mobilisation : acort@acort.org

Signataires ici 

Montages réalisés par Cerises

1. Voir Cerises n°184, 28 juin 2013[url= http://www.cerisesenligne.fr/article/?id=4092]ici[/url].

2. "Yenikapı, un pont dans l’histoire de Turquie", 9 août 2016. Yenikapi (Istanbul) : meeting géant organisé par le gouvernement.

3. Le Rojava ou Kurdistan occidental ou Kurdistan syrien, est une région de facto autonome qui se revendique une confédération démocratique. Voir l’article de l’Association Autogestion ici.