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Délicieux

Des ressources pour la transition

Ce bleu des Rois
Jean-Jacques Hubinois
Morrigane éditions
295 p. - 18 €

Quelle quête a donc menée Quentin des Chartres à la basilique de Saint-Denis ? Le maître vitrailliste nous porte dans un long cheminement à travers le XIIIe siècle à la recherche d’un secret de fabrication. On y partage le savoir faire du métier, les conditions de son exercice, la puissance des financeurs (déjà). On y côtoie ce vieux Saint-Denis, son peuple et ses rues. Ce roman est une lecture agréable et instructive. On y appréhende une tranche d’histoire. On y affronte aussi les soubresauts d’un siècle où "l’étranger" dangereux était huguenot. Voici qui nous parle dans ces jours sombres.

Femmes en fête
DECCA 14,99€ et 19,99€

Deux CD qui mixent sonorités et rythmes à l'image de la diversité complémentaire de notre monde.

Ibrahim Maalouf – ce jazzmann que les douaniers ont retenu au point de lui faire rater son concert – a sorti deux CD. Du premier, Kalthoum, il disait avoir recherché « une célébration des femmes qui ont bouleversé le cours de l’histoire et dont l’influence artistique a eu un impact jusque dans nos vies actuelles. J’ai donc choisi une figure emblématique, véritable monument de l’histoire du peuple arabe, et qui est par ailleurs la voix que j’ai le plus écoutée depuis ma toute petite enfance : Oum Kalthoum. » Le second, Red & Black Light, est, toujours selon son auteur « une ode à la femme d’aujourd’hui et à son rôle fondateur et fondamental pour espérer un avenir meilleur. Les femmes de ma famille ont eu, et ont encore aujourd’hui, une influence incommensurable sur tout mon travail musical. Notamment parce qu’elles m’inspirent considérablement dans leur façon de gérer leur quotidien et celui de leur entourage. Malgré des vies en labyrinthes, complexes et souvent dramatiques, elles portent en elles une force et une stabilité similaires à une forme de transe inébranlable. Elles me donnent l’impression de ne jamais perdre de vue ce qui est essentiel. »

Plus sur le site de l'Humanité et celui du jazzman.

Pour lire et relire Aragon
Par Philippe Forest
896 p. + 16 p. hors texte
31 illustrations - 29 €

Philippe Forest livre dans la grande collection Biographies Gallimard un grand Aragon. Alors que les biographies existantes étaient celle d'un proche, Pierre Daix, écrite du vivant de son sujet, et celle d'un communiste qui l'avait bien connu, Pierre Juquin, celle-ci est le fait d'un littéraire, universitaire spécialiste de l’œuvre d'un homme qu'il n'a peut-être vu qu'une fois de ses yeux. Pour qui aime Aragon, c'est un grand et beau livre, plein d'informations biographiques, comme il se doit, mais surtout de commentaires littéraires pertinents et informés. Qu'il s'agisse de la période surréaliste, en particulier, ou de l’œuvre du vieil Aragon, la bienveillance du critique ne se compare qu'à son érudition. On savait qu'Aragon était un monument de notre histoire littéraire, on sort de la lecture du livre de Forest renforcé dans cette idée, avec l'envie pressante de lire et de relire Aragon. Relire Le Paysan de Paris, relire Le Roman inachevé, Les Poètes et Le Fou d’Elsa, relire La Semaine Sainte, La Mise à mort, Blanche ou l’oubli, Théâtre/Roman et quelques autres choses.

Il faut bien exprimer un regret : s'il est un fin connaisseur de la vie littéraire, Forest manque visiblement de connaissances d'histoire politique qui sortent du lieu commun le plus rebattu ; et tout y passe dans la reprise a-critique de tout ce qui a pu se dire de platitudes désinformées ou malintentionnées sur le communisme - dont la vie d'Aragon épouse une grande part de l'histoire. Ce n'est pas là un mince défaut du livre. Pourtant, pour tout ce qu'il apporte, sa lecture est hautement recommandable à quiconque dispose des moyens de rectifier ces faiblesses - au total limitées.

Une lecture simple pour une question complexe
Émancipation et pensée du complexe
Janine Guespin-Michel
Éditions du Croquant
128 p. - 8 €

Ce court opuscule est "d’une exquise clarté". Les mathématiques forgent des "outils" qui permettent à la physique l’exploration et la compréhension du réel. La progression des connaissances et "la révolution scientifique et technique" ont imposé de trouver des outils qui rendent compte de ce réel, permettent la construction de "modèles" dont le but est de rendre ce réel "prédictible", mais de façon plus assurée et opérationnelle que le déterminisme scientiste ou qu’une lecture simpliste de Marx était censée l’établir. L'auteure insiste : compliqué, le contraire de simple, n’est pas synonyme de complexe et complexe n’a pas de contraire !! Au-delà de cet apparent jeu de mots, l’auteure nous donne une description très claire des clés de la pensée des "systèmes complexes". Son talent pédagogique nous donne les moyens de saisir la différence entre la "pensée linéaire", issue principalement de Descartes et les "systèmes dynamiques non linéaires". Nous avons ici l’occasion d’approcher de façon plus précise "l’effet papillon" ou "la théorie du chaos" et d’établir le(s) lien(s) avec la dialectique et ce que Engels développe dans la Dialectique de la Nature, principalement, grâce aux concepts d' "émergence" et d' "auto-organisation".

L’abord de cette pensée des systèmes complexes ne nous est guère facilité par la pensée (linéaire) cartésienne, mais le concept de "saut qualitatif" nous en permet l’approche décomplexée (mais oui !)… même si il faut parfois relire tel ou tel paragraphe. Le complexe nous paraît presque simple.

Pour une autre approche de cet ouvrage voir ici

"La vivacité de l’exigence démocratique
et la réinvention nécessaire de la politique"

L’État corrompu
Tumultes n° 49
180 p. - 20 €

Le nouveau numéro de la revue Tumultes, consacré au thème "L’Etat corrompu"est paru. Au sommaire de ce numéro sous la direction de Patrick Cingolani, Federico Tarragoni et Étienne Tassin, de nombreuses contributions structurées autour de trois thèmes :

- "République"
;Sonia Dayan-Herzbrun : De quoi la corruption est-elle le nom ? Esquisse d’interprétation
Éric Alt : La République à l’épreuve de la corruption
Thierry Ménissier : Quelle philosophie de la corruption dans les républiques d’après la vertu civique ?

- "Démocratie"
;Domenica Farinella : L’État italien et la corruption. Causes historiques et inflexions contemporaines
Sergio Pérez Cortés : Faiblesses de la démocratie. Le cas du Mexique
Bruno Pepe Russo : Banalité et complexité sociopolitiques dans deux waste-scapes : Kitwe et Naples. Une critique de l’anthropologie négative

- "Oligarchie"
;Pierre Lascoumes : La production oligarchique des normes anti-corruption
Jean de Maillard : L’auto-corruption, paradigme du capitalisme financier
Jean Abel Pierre : La corruption entre complexité et tour de force du droit international
Martin Breaugh : De l’oligarchie. Considérations préliminaires pour une enquête sur le règne du petit nombre aujourd’hui

+ d’infos [url= http://www.editionskime.fr/revues/tumultes/ ]ici[/url] :et sur le site entre les mots auquel est le titre de cette présentation.

Là où leur vie est restée en plan
La machine est ton seigneur et ton maître
Yang - Jenny Chan - Xu Lizhi
Editions Agone
128 p. - 9,50 €

Analyses et parcours d'ouvrier-e-s par la sociologue Jenny Chan.

« Les machines ressemblent à d’étranges créatures qui aspirent les matières premières, les digèrent et les recrachent sous forme de produit fini. Le processus de production automatisé simplifie les tâches des ouvriers qui n’assurent plus aucune fonction importante dans la production. Ils sont plutôt au service des machines. Nous avons perdu la valeur que nous devrions avoir en tant qu’êtres humains, et nous sommes devenus une prolongation des machines, leur appendice, leur serviteur. J’ai souvent pensé que la machine était mon seigneur et maître et que je devais lui peigner les cheveux, tel un esclave. Il fallait que je passe le peigne ni trop vite ni trop lentement. Je devais peigner soigneusement et méthodiquement, afin de ne casser aucun cheveu, et le peigne ne devait pas tomber. Si je ne faisais pas bien, j’étais élagué. 

Foxconn est le plus grand fabricant du monde dans le domaine de l’électronique. Ses villes-usines, qui font travailler plus d’un million de Chinois, produisent iPhone, Kindle et autres PlayStation pour Apple, Sony, Google, Microsoft, Amazon, etc. En 2010, elles ont été le théâtre d’une série de suicides d’ouvriers qui ont rendu publiques des conditions d’exploitation fondées sur une organisation militarisée de la production, une taylorisation extrême, l’absence totale de protection sociale et une surveillance despotique jusque dans les dortoirs où vivent les ouvriers. » 

Innovations, démocratie et bien commun
Au-delà du marché
Bernard Perret
104 p. - 10 €
Les Petits matins, Institut Veblen

« La croissance est désormais structurellement faible en Europe. Est-ce dû à des politiques économiques  inadéquates ? À une panne de l’innovation ? En partie sans doute, mais cette langueur renvoie surtout à un problème plus fondamental : l’épuisement du "coeur du réacteur" de l’économie capitaliste, à savoir le mécanisme de transformation des besoins en marchandises.

De nouvelles pratiques sociales émergent : troc, réparation, jardins partagés, échange de logement, crowdfunding, fab- labs, économie collaborative, qui sont autant de réponses spontanées à cette situation de blocage. Mais il y a plus : au sein même du monde productif s’affirment des logiques de coproduction, de coopération, de responsabilité écologique et de symbiose avec la société qui s’éloignent des schémas de rationalité typiques du capitalisme.

Fort diverses à tous égards, ces innovations sont porteuses de valeurs démocratiques et d’une aspiration à contribuer activement au bien commun. Elles devraient être favorisées par des politiques publiques imaginatives et ambitieuses. Car, à l’heure où le pouvoir d’achat stagne et où les impératifs écologiques se font sentir, une amélioration de la qualité de vie est possible si l’on produit et consomme autrement. »

Lu ou écouté par Gilles Alfonsi, Frédéric Bouviolle, Michèle Kiintz, Laurent Lévy, Michel Mourereau, Patrick Vassallo, avec les mots des éditeurs concernés, les libraires indépendantes et les (trop rares disquaires) de nos quartiers.