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Monsieur Le Drian, je n'irai pas voter pour vous dimanche

D'abord, je ne crois pas aux hommes providentiels, ni aux femmes providentielles d'ailleurs. Vous nous avez pris de haut, vous avez refusé le débat démocratique, séché les plateaux télévisés sauf quand ils vous étaient entièrement dédiés. Vous avez contribué à mettre la France sous état d'urgence et assigné les voix rebelles à résidence. Vous avez débauché des membres du Parti communiste contre l'avis majoritaire de ses adhérents pour constituer votre équipe, votre liste. Vous refusez d'intégrer dans cette même liste les candidats écologistes qui ont demandé à l'être, non pas que je défende la fusion au second tour, mais cela en dit long sur votre sectarisme. Pour vous, seuls comptent ceux qui font allégeance à votre projet, celui d'une Bretagne dédiée à la course à la compétitivité, à un modèle agricole obsolète, et à la conquête de nouveaux marchés.

Nous n'avons décidément pas la même conception de la démocratie. C'est parce que vous en détournez le sens même que des milliers d'électeurs ne participent plus aux élections. Vous confisquez le débat en prenant les décisions importantes pour la Bretagne entre les murs des bureaux feutrés du Conseil régional quand ce n'est pas dans les bureaux de votre ministère de la guerre ou ceux de l’Élysée. Car, sans en présider le conseil, vous avez continué à piloter la région tout au long du mandat de votre remplaçant.

Il y a encore beaucoup de citoyens qui pensent que cette façon de faire est juste, puisque vous virez en tête du premier tour des régionales devant LR et le FN. Mais c'est une victoire bien fragile quand 50 % des électeurs s'abstiennent, et quand près de 70 % de ceux qui s'expriment font un autre choix : 17 % des inscrits en Bretagne ont voté pour vous.

Je reconnais que notre voix a du mal à se faire entendre. Pas qu'en Bretagne d'ailleurs. Le Front de gauche ne fait pas rêver. Nombreux sont ceux qui veulent renverser la table, mais qui ne le considèrent pas comme un outil efficace, voire se fourvoient dans un vote sans avenir, xénophobe et dangereux pour nos libertés. Ceux qui s'abstiennent, refusent de cautionner ce modèle démocratique à bout de souffle. Et tout ce que nous leur proposons c'est d'y retourner. Force est de constater que ça ne marche pas.

J'irai rejoindre le flot des abstentionnistes dimanche. Mais ne comptez pas sur moi pour abandonner

le terrain en rase campagne. Pendant des semaines, j'ai rencontré beaucoup de femmes et d'hommes qui ont envie de débattre, de faire de la politique, d'agir et qui ne renoncent pas à changer le monde, mais ne savent pas par quel bout prendre les choses. Dans les collectifs, sur nos lieux de travail, les exigences à l'égard de notre mouvement sont grandes, et parfois déçues, et il est temps de ne plus confier les orientations du Front de gauche aux seules organisations politiques. Comme il est temps de tous considérer que la politique est notre bien commun.

Retroussons nos manches.