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L'Intifada du désespoir

Une fois encore, les médias semblent surpris par l'explosion de violence entre Israël et Palestine. À vrai dire, c'est cette surprise qui est surprenante.

Chaque observateur attentif le sait : l'actuelle flambée résulte de trois phénomènes.

Le premier, c'est le poids de l'occupation et de la colonisation, leurs conséquences sur la vie quotidienne des Palestiniens, l'humiliation permanente qu'elles impliquent pour eux.

Le deuxième, c'est le caractère disproportionné de la répression, avec la généralisation du tir à balles réelles, même sur les lanceurs de pierres.

Mais le feu n'aurait pas pris aussi vite sans un troisième facteur : l'absence de toute perspective politico-diplomatique. Le fait que, quelques jours auparavant, Mahmoud Abbas ait annoncé devant l'Assemblée générale des Nations Unies que l'Autorité palestinienne ne serait plus liée par les accords d'Oslo si Israël ne les respectait pas n'a rien d'un hasard...

C'est dire combien lourde est la responsabilité de Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien a saboté les négociations impulsées par le secrétaire d'État américain John Kerry ; lancé l'agression de l'été 2014 contre la bande de Gaza ; constitué un gouvernement plus à droite que jamais qui refuse la constitution d'un État palestinien. Et il menace le statu quo sur l'Esplanade des Mosquées.

Bref, la situation ressemble à celle de l'automne 2000, qui vit naître la deuxième Intifada: échec du sommet de Camp David, provocation d'Ariel Sharon sur le Haram Al-Sharif, répression implacable...

Comme ses alliés, la France n'a rien fait pour éviter le pire. Au lieu d'exercer les pressions susceptibles de ramener Tel-Aviv à la raison, elle se contente, au mieux, de gestes symboliques. Mais que pèse la reconnaissance onusienne de l'État de Palestine quand des colons font brûler impunément toute une famille palestinienne ?

Si les événements actuels devaient déboucher sur une nouvelle Intifada, ce serait sans nul doute l'Intifada du désespoir. Comme toujours, Amira Hass en est la meilleure observatrice : « Les Palestiniens se battent pour leurs vies, Israël se bat pour l’occupation. »

D. Vidal vient de diriger Palestine: le jeu des puissants, Sindbad/Actes Sud