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Frappes minimum, confusion maximum

François Hollande a annoncé, outre un accueil de réfugiés, une extension à la Syrie des frappes françaises contre Daech. S'il est peu probable que cela change la situation, il est certain que s'en trouve aggravée la confusion régnante.

L'image, terrible, de cet enfant syrien mort noyé a suscité une considérable émotion. Parce qu'il a un nom et une histoire, sa photo est devenue symbolique de l'immense drame qui bouleverse la Syrie et toute la région, obligeant à regarder avec compassion et respect ces dizaines de milliers d'hommes, de femmes qui, fuyant misère, guerre et dictatures, affrontent mille périls et viennent buter contre les murs de l'Europe... Ces Allemands souhaitant la bienvenue aux migrants ont heureusement éclipsé les éructations des néonazis crachant leur haine des étrangers.

Mais les confusions se font envahissantes.

Pourquoi cette opiniâtreté à distinguer parmi les migrants, les réfugiés ? Ceux-ci fuyant des malheurs politiques ayant droit d'être accueillis, ceux-là prétendant échapper à la misère devant être refoulés...

Surtout, pourquoi en une même conférence justifier une décision militaire par la référence à la question des réfugiés ?

Les Syriens sont, pour certains, victimes des exactions de Daech, pour tous de la sauvagerie du régime de Bachar al-Assad. Jusqu'ici la raison pour cantonner les avions français au ciel irakien était de n'aider en rien ce dernier. S'agit-il de préparer ce changement stratégique que réclament nombre de voix, pour faire de Daech l'ennemi commun de tous les régimes concernés ?

Quitte à accepter que le gouvernement d'Erdogan intensifie sa guerre contre les Kurdes, qui sont en première ligne face à Daech, à juger fréquentable Bachar, qui loin d'être un rempart face à Daech en est le principal fourrier ? Etc.

Puisqu'il est clair qu'ajouter les frappes françaises aux frappes américaines ne permettra pas d'en finir avec Daech, la confusion ne peut que déboussoler davantage les opinions publiques.

Face aux mutiples foyers de guerre allumés dans la région, non sans responsabilité des Occidentaux - en Irak, en Syrie, au Yémen, en Palestine, au Kurdistan...-, sont indispensables un langage de vérité et une solution politique globale, respecteuse des droits des peuples.