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Israël : une élection inquiétante

Il est trop tôt pour dire avec certitude quelle coalition Benyamin Netanyahou, reconduit Premier ministre, choisira de constituer pour diriger Israël – droite, extrême-droite et religieux ou bien union nationale – et quel prix ses partenaires lui feront payer.

Les élections législatives du 17 mars 2015 marquent en tout cas une nouvelle défaite... des sondages ! Tous avaient prédit une course au finish, avec un certain avantage au Camp sioniste d’Isaac Herzog et Tzipi Livni. Or c’est le Likoud qui arrive nettement en tête, avec autant de sièges (30 sièges) qu’il en avait obtenus en 2013 avec son ex-allié d’Israel Beteinou.

Mais le parti russe d’Avigdor Lieberman (6) n’est pas la seule victime de Netanyahou : le Premier ministre a aussi réussi à siphonner une partie de l’électorat du Foyer juif de Naftali Bennett (8), l’ancien Parti national-religieux. Seul le nouveau parti Kulanu, créé par l’ex-député du Likoud Moshe Kahlon, a résisté (10), en surfant sur les questions économiques. Quant aux partis ultra-orthodoxes Shas (séfarade) et Judaïsme unifié de la Torah (ashkénaze), ils perdent un tiers de leurs sièges (respectivement 7 et 6).

Au centre, si le Camp sioniste progresse légèrement (24), le parti Yesh Atid de Yaïr Lapid recule, lui, sensiblement (11), de même qu’à gauche le Meretz (5). Enfin la Liste d’union présentée par le Parti communiste et les formations arabes permet aux coalisés d’obtenir le meilleur score de toute l’histoire d’Israël en devenant le troisième groupe de la Knesset (13).

C’est la seule bonne nouvelle d’un scrutin par ailleurs très inquiétant. Une fois de plus, le discours sécuritaire a étouffé non seulement le désir de paix, mais aussi la protestation contre la crise sociale : Israël arrive en tête de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) pour… les inégalités. Mais surtout, son succès, Benyamin Netanyahou l’a acquis sur la base d’une nette radicalisation, surtout en fin de campagne : rejet formel de la perspective d’État palestinien qu’il avait acceptée jusque-là du bout des lèvres, annonce d’une nouvelle accélération de la colonisation, menaces contre les citoyens arabes d’Israël et roulements de tambours face à l’Iran...

S’il fallait une démonstration que seule une intervention de la communauté internationale peut permettre d’imposer au Proche-Orient une paix conforme au droit international, le peuple israélien vient de la fournir avec clarté. Mais la leçon sera-t-elle tirée ?