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Austérité, fraude fiscale… l’Europe contre la démocratie

Décidément, la démocratie est une idée neuve en Europe ! Sous nos yeux, les libéraux et les socio-démocrates - tous chantres de l’austérité - enterrent la démocratie européenne. Veto, chantages, menaces… les dirigeants de l’Union et leurs amis banquiers n’ont de cesse, depuis l’élection grecque, de faire échouer Alexis Tsipras et son gouvernement.

Peu leur importe que ce gouvernement soit issu du suffrage universel, que le peuple, essoré par des années de casse des droits sociaux, ait relevé la tête. Il serait inacceptable, irresponsable que les Grecs veuillent s’affranchir de l’écrasante domination de la Troïka ! Les gueux ne vont tout de même pas décider !

Cependant, notons-le, il n’y a là aucune surprise. Pourquoi ceux qui avaient jugé nul et non advenu le vote français du 29 mai 2005 contre le Traité constitutionnel européen auraient-ils changé d’avis ? Soyons en sûrs, et cela fait partie du problème : ils ne changeront pas d’orientation, il faudra qu’ils soient battus.

D’un certain point de vue, on les comprend. Que la Grèce montre qu’il est possible de rompre avec le libéralisme, et c’est tout le consensus des technocrates de Bruxelles qui s’effondrerait. Que des brèches soient ouvertes dans la sacro-sainte religion de la diminution de la dette, donc des dépenses publiques, et tous les autres peuples de l’Union pourraient y voir un exemple à suivre.

Pour eux, pour l’UMP, le PS et le FN, il faut mettre l’éteignoir sur les besoins sociaux, éducatifs et écologiques, taire les besoins de services publics et de solidarité. Il faudrait faire silence sur les 56 milliards de dividendes et d’actions gratuites versés aux actionnaires du CAC 40 en 2014. Il ne faudrait pas se scandaliser des 180 milliards de détournements fiscaux révélés par Le Monde (rien que pour 2006 et 2007) et ne pas exiger une opération main propre à la Française. Enfin, il faudrait se taire aussi sur les surenchères sécuritaires et guerrières qui minent, elles aussi, la démocratie.

De fait, dans le capitalisme d’aujourd’hui, la démocratie est devenue un simple vernis. On pense à la terrible phrase de Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage. » Tandis que la finance montre son vrai visage, hydre antisociale et antidémocratique, il est grand temps de parler d’un autre projet de société.

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