Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Horizons d'émancipation

La 4 de couv'

Note d'actualité

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

SE FÉDÉRER POUR L'ÉMANCIPATION

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Délicieux

Notre histoire

Les Rouges, Le Seuil, avril 2014, 560p. - 23 €
Les Rouges, Le Seuil, avril 2014, 560p. - 23 €
Certains romans, récits sont d'emblée politiques. Les Rouges l'est, par subjectivité collective et personnelle – il raconte l'histoire d'une famille : celle de Pascale Fautrier et la nôtre – huit générations de paysans, vignerons, forgerons, ouvriers dans l'Yonne, jusqu’en 2013.

Les héros : Antoine Sautreau le Jacobin, qui se fait robespierriste en 93, quand la terre est enfin libre de tout droit, Antoine-Cyprien son petit-fils, forgeron, républicain de 1830, 1848. On est avec eux au travail, dans les jamais finies disputes politiques, dans les marches de paysans, artisans, instituteurs, armés de faux, fusils, couteaux, qui convergent de tous les villages vers Auxerre, en décembre 1851, pour s'opposer au coup d'État de Napoléon le Petit ; on est avec Zéphyrin Camélinat, trésorier de la Commune, réfugié à Londres, dans ses discussion avec Marx ; avec le commandant Max, qui fait sauter les trois plaques tournantes du dépôt ferroviaire de Migennes le 14 juillet 1944.

L'histoire est vécue, vue d'en bas. On vit chaque instant comme décisif, c'est la subjectivité romanesque, avec aussi le regard critique, inclus dans le récit : on observe, on réfléchit. On lit en quelques traites, et on y revient, lecture toujours vive, pour bien saisir ce qui s'est passé à tel moment, pour revoir l’enchaînement des causes et des conséquences.

L'histoire est personnelle et collective. Pascale Fautrier fut trotskyste, son père communiste, sorti du Parti en 1970 ; ni l'espoir, ni l'esprit de lutte, ni la verve populaire ne sont morts : ils emportent tout le livre d'un même élan. Un thème court de la première à la dernière page, celui de la diversité des rouges : républicains, proudhoniens, marxistes, anarcho-syndicalistes... – aucun n'est oublié, et l'unité à construire ne peut oublier aucun. Autre thème celui du stalinisme – le livre entier crie "Plus jamais ça !" et cherche : les conséquences en sont toujours là, quelles en sont les causes, peut-on comprendre, réparer, unir ? C'est certainement l'ambition de ce "roman vrai" de la gauche révolutionnaire. Il nous dit : il y a d'autres victoires à venir.