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Quand une femme dit...

Depuis des décennies, les femmes luttent pour la reconnaissance de leur libre arbitre et en conséquence du droit de disposer d'elles-même. Avoir une âme, une conscience, une volonté propre, pour voter puis choisir sa contraception, d'interrompre une grossesse, d'ouvrir un compte en banque... À chaque étape certains ont objecté que le libre arbitre était faussé par les influences du mari, de la famille, de la dépendance économique... Était-ce faux sociologiquement ? Mais quiconque a-t-il un libre arbitre entièrement libre ? Le mouvement des femmes a posé avec force un principe : il n'y a pas d'autre critère de jugement du libre arbitre que son expression par les femmes elles-mêmes. Ce fut clairement exprimé par des slogans : " Quand une femme dit non, c'est non", "un enfant quand je veux, si je veux"... Sont indissolublement liés expression de la volonté, libre arbitre et droit de disposer de soi-même.

Cette triade est mise en crise par les réactions à l'émergence des mouvements de femmes voilés et de prostituéEs/travailleurSEs du sexe. Le mouvement féministe se divise, défilant par exemple à Paris ce 8 mars dans deux cortèges distincts. La prostitution, le voilement des femmes pouvaient être unilatéralement compris comme des modes d'assujetissement. Ils le sont sans doute dans un grand nombre de cas. Cela se complique quand des femmes (et hommes dans le cas de la prostitution) prennent la parole, le revendiquent et s'organisent.

Elles seraient influencées par un maquereau, un mari, un frère ou seraient piégées par un traumatisme de l'enfance, cela obscurcirait leur libre arbitre ? Que cela soit vrai ou non, entrer ainsi en matière sur la qualité du libre arbitre revendiqué par ces femmes, n'est-ce pas refaire dangereusement place aux objections d'hier contre l'avancée des droits des femmes ? Prendre le risque de dissoudre la triade expression de la volonté/libre arbitre/droit de disposer de soi-même, remettre en cause ce principe qu'il n'y a pas d'autres critères de jugement du libre arbitre que son expression par les femmes elles-même ?

Parce que pour personne le libre-arbitre n'est jamais complétement libre, qu'il est une fiction fragile et nécessaire à l'émancipation, dire que pour certainEs, il est moins librement exprimé que pour d'autres, c'est risquer de le ruiner pour toutes et tous. « Quand une femme dit non, c'est non. » Et « Quand une femme dit oui, c'est oui ».