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À la Bastille !

« Le gouvernement Ayrault a renvoyé le changement aux calendes grecques. Cette politique sans espoir nourrit les solutions autoritaires, en France comme partout en Europe. Le 5 mai, et au-delà, nous avons le devoir de transformer la colère, l’écoeurement, la peur de l’avenir en une perspective politique qui, aux antipodes de la démagogie, du repli nationaliste et xénophobe, du "tous pourris", soit à la hauteur des besoins populaires. » (1) L'initiative du Front de gauche pour la marche du 5 mai a suscité plusieurs appels dans les champs professionnels, associatifs, syndicaux. Cerises en publie ici des extraits (2).

Écologie et social

Nous, militant-e-s écologistes, le constatons chaque jour : la question démocratique, par exemple travers les Grands Projets Inutiles Imposés (GPII), vient percuter l’urgence écologique.

Nous affirmons que la nécessaire bifurcation écologique de nos sociétés passe par une refondation des institutions de la République. Que nous l’appelions écosocialiste, alterdéveloppement, objection de croissance,  6e République ou autrement, tou-te-s nous voulons un système démocratique écologique et social au service des citoyen-ne-s.

Aujourd’hui les grandes décisions en matière d’énergie et d’aménagement du territoire n’impliquent pas ou peu les citoyen-ne-s. (...)

Projets d’aéroport de Notre Dame des Landes, de lignes à grande vitesse, construction de l’EPR de Flamanville, site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure sont aujourd’hui autant de symboles de la confiscation de la souveraineté populaire et de projets qui accaparent l’argent public, en totale contradiction avec les discours austéritaires.

(...)

De leur côté, les politiques européennes (…) n’envisagent la solution à la crise climatique que par la domination du marché. En témoignent les directives de privatisation et de mise en concurrence de l’énergie, de libéralisation du rail, ou encore le marché des quotas d’émission de CO2. Elles n’envisagent l’évolution de l’agriculture que par toujours plus de concurrence et de fichage des paysans et de leurs cheptels. (...)

Dans un domaine aussi fondamental que la préservation des conditions de la vie humaine sur terre, le peuple doit être souverain. De nouveaux mécanismes démocratiques doivent être élaborés. Ces changements doivent avoir lieu à tous les niveaux de la société (municipalités, territoires, entreprises etc.). Ces nouvelles formes de la démocratie sont nécessaires, y compris dans le monde économique avec le retour de l’idée coopérative, le renforcement des pouvoirs des salariés et de leurs représentants sur la définition de ce qui est produit et comment on produit. (...)

L'austérité et la finance nuisent gravement à la santé !

Il y a un an, nous avions contribué à battre dans les urnes N. Sarkozy. Mais les mêmes politiques menées hier de casse de la santé, du social et de la protection sociale se poursuivent. Au nom de l'austérité, les politiques cèdent aux intérêts de la finance et font régresser le droit et l'accès de toutes et tous et partout aux soins, aux structures médico-sociales.

La loi Bachelot Hôpital, Patient Santé et Territoire, la tarification à l'acte, les franchises et les forfaits, les dépassements d’honoraires : rien n'a été abrogé. (...)

La loi sécuritaire sur la psychiatrie n’est pas remise en cause. (...)

Les ordres paramédicaux n’ont pas été abrogés et le management industriel fait rage. (...)

Parce qu'il est urgent de rompre avec les politiques d'austérité qui détruisent l'hôpital et la santé publique, le social et le médico-social,

Parce qu'il est urgent que les professionnel-le-s de la santé et du social, les usager-e-s, les citoyen-ne-s, prennent le pouvoir sur la finance,

Parce que la santé doit cesser d'être considérée comme une marchandise mais un droit pour toutes et tous,

Parce qu'il ne saurait y avoir de République sans services publics santé et sociaux sur l'ensemble du territoire,

Le 5 mai, nous appelons à participer à la marche citoyenne pour la 6e République et à constituer un cortège de défense de la santé, du social et de la protection sociale.

Justice

La 5e République est à bout de souffle. L’hyper-concentration des pouvoirs au profit de l’exécutif, sur fond de capitalisme financier mondialisé, a fait exploser la corruption. Chaque jour apporte son lot de révélations, non seulement sur cette corruption, dénoncée depuis des années par des juristes et des observateurs de renom (avec dès 1996, "L’appel de Genève"), mais aussi sur "l’entre-soi" de celles et ceux qui s’y livrent. [...)

(…) Depuis des années, la justice chargée de la lutte contre la corruption a été méthodiquement étranglée. Les juges d’instruction sont de moins en moins saisis car le parquet, dépendant de l’exécutif, préfère contrôler seul les dossiers économiques et financiers, qu’il s’agisse de l’affaire Bettencourt ou de l’affaire Cahuzac. Les juges et les policiers sont privés de moyens et leurs investigations sont entravées. Le droit est un fétu de paille face à la finance folle. (...)

Il est illusoire de penser que c’est seulement avec des mesurettes que nous pourrons rompre avec cette prédation financière d’un petit nombre, d’autant plus insupportable en temps de crise sociale majeure. Dans ce contexte, pour sauver la République et les valeurs qui la fondent, une rupture s’impose.

C’est pourquoi nous, juristes et professionnel-le-s de la justice, appelons à participer à la grande marche citoyenne organisée à Paris le 5 mai 2013 pour exiger l’élection d’une assemblée constituante afin de promouvoir une 6e République, élaborée de manière démocratique. Ce n’est qu’à cette condition qu’un nouvel équilibre des pouvoirs pourra être édifié : une assemblée souveraine, un gouvernement responsable et une justice indépendante.

LGBT

L’émancipation et l’égalité sont des piliers de la 6e République sociale à laquelle nous aspirons.

Il n’y aura pas de 6e République sociale sans l’égalité civile et civique, pleine et entière, de toutes et tous, des femmes et des hommes, des Français-es et des étranger-e-s, quels que soient l’orientation sexuelle, l’identité de genre ou l’état de santé, et sans la réduction des situations de handicap auxquelles peuvent être confronté-e-s chacune ou chacun.

Le combat politique pour l’égalité des droits civils et civiques et celui pour l’égalité des droits sociaux sont liés. (..)

La parité femmes/hommes aux fonctions électives dans notre pays doit être généralisée à toutes les élections, avec notamment le scrutin sur listes proportionnelles partout, mais cette revendication institutionnelle ne saurait résumer à elle seule toute la politique d’égalité réelle entre les femmes et les hommes. La 6e République sociale doit notamment s’attaquer au monde du travail et à la lutte contre les inégalités professionnelles (…) à toutes les formes de violences induites par le patriarcat et mettre en place les moyens éducatifs, juridiques et financiers afin d’y mettre fin !(...)

Dans notre 6e République sociale, les genres, les amours, les sexualités et les familles sont égales en dignité et en droit, à l’opposé du projet de société réactionnaire de la droite et de l’extrême-droite qui convergent pour défendre une même vision essentialiste des genres, traditionnaliste de la famille et naturaliste de la parenté. (...) Notre 6e République sociale consacrera le droit à disposer de son corps, notamment pour les femmes devant l’aptitude à la procréation (droit de toutes les femmes d’accès effectif à la contraception, à l’IVG, à la procréation médicalement assistée), le droit de toutes et tous à disposer de son genre (droit à la liberté de genre par le changement d’état-civil libre et gratuit) et le droit de tous à disposer de sa mort (droit de mourir dans la dignité). (…) Notre 6e République sociale garantira l’égalité pleine et entière de toutes les familles, en fondant la filiation socialement sur l’engagement parental déclaré publiquement, et en améliorant les droits des couples non mariés et des familles dites recomposées.

(…) l’égalité des droits s’énonce clairement : même sol, mêmes droits. Tous les résident-e-s, français-e-s ou étranger-e-s, auront le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales sur le territoire national. (… elle) implique notamment le droit à l’entrée et au séjour et à l’asile, et donc une refonte du code du CESEDA et une politique de régularisation des sans-papiers, familles, jeunes majeurs, travailleur-euse-s, personnes malades… : celles et ceux qui vivent et travaillent ici, resteront ici !

Syndicalistes

Nous, syndicalistes du privé comme du public, appelons les salariés, les privés d’emploi, les précaires, les retraités à manifester le 5 mai pour une 6e République, l’exigence de démocratie et d’égalité des droits, l’urgence d’une véritable sécurisation de l’emploi et du travail qui doivent être entendus dans l’entreprise comme dans la cité.

Il faut reprendre l’initiative pour mettre un coup d’arrêt à la politique néolibérale de ce gouvernement.

Nous refusons le recul historique qu’est l’ANI, accord prétendu de sécurisation de l’emploi qui est un leurre. Ce n’est que la copie conforme des exigences du MEDEF qui va faciliter les licenciements et offrir au patronat la possibilité de baisser les salaires et d’augmenter le temps de travail. (..)

Nous refusons l’orthodoxie budgétaire et son dérivé, la rigueur, utilisés pour casser les services publics et livrer des pans entiers de l’économie au privé, comme dans de nombreux pays européens. (...)

Après avoir grandement contribué à la victoire de François Hollande, nous ne reconnaissons pas, dans la politique actuelle du gouvernement, une politique de gauche qui rompt clairement avec les politiques d’austérité et de reculs sociaux du gouvernement Sarkozy. Pour preuve, nous attendons encore la loi d’interdiction des licenciements boursiers pourtant promise pendant la campagne présidentielle, alors que Florange ferme les hauts fourneaux, que Petroplus, PSA, Fralib et bien d’autres sont abandonnés. Nous exigeons dès le 16 mai un signe fort des parlementaires : le vote de la loi d’amnistie des syndicalistes et des militants sociaux, suite à la première victoire arrachée au Sénat le 27 février dernier. (...)

Face à la gravité de cette situation où la droite arrogante, flanquée d’une extrême droite menaçante, veulent leur revanche, l’intervention populaire et le rassemblement citoyen le plus large sont nécessaires pour construire une 6e République qui élargisse les droits, étende la souveraineté populaire et favorise la démocratie sociale.

La gauche n’est pas la gauche sans la culture

Pour la 1ère fois dans l’histoire du Ministère de la culture le budget est en baisse significative. La politique culturelle apparaît utilitariste et mercantile, périphérique, voire secondaire, quand il s’est agi d’élaborer le budget de la nation. [...)

Au nom de la rigueur budgétaire et de la chasse au saupoudrage, ce sont les petites structures qui sont les plus fragilisées , alors qu’un authentique soutien à l’art et à son appropriation sociale passe, on le sait bien, par la diversification des expériences. Dans le champ artistique, l’imprévisibilité est souhaitable. C’est bien ce qu’une société du chiffre, de l’événementiel et du projet à court terme ne peut admettre. (…)

La création, l’accès aux biens culturels, l’éducation artistique sont maintenant soumis aux inégalités territoriales, à la compétitivité, au marché. Et ce sont les conditions du débat démocratique qui sont menacées.

Nous voulons que ce débat démocratique ait lieu, qu’il prenne en compte non seulement tout ce qui relève aujourd’hui du ministère de la Culture mais interroge en même temps la politique d’éducation nationale, l’éducation artistique, les médias écrits, audiovisuels et numériques, la recherche scientifique et technique, l’éducation populaire. Car la problématique est transversale (…)

Nous voulons agir pour refonder le service public de la culture et lui redonner une réelle ambition, celle portée par l’émancipation individuelle et collective, en faveur de la création, de la recherche, de l’expérimentation, de l’innovation, de la jeunesse, de l’éducation artistique, de l’éducation populaire. (…)

(1) Clémentine Autain, membre de la coordination du Front de gauche, et de la Fédération pour une alternative sociale et écologique, dans un appel publié dans Le Monde  1e 18 avril.

(2) Voir l'intégralité de ces appels et d'autres, et la liste de leurs premiers signataires, ainsi que les appels individuels et d'organisations politiques, sur le site www.marchepourla6eme.fr