Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Horizons d'émancipation

La 4 de couv'

Note d'actualité

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Idées / Le panier de la semaine

Le panier du 29 mars

Cerise rouge. Il existe dans les Pyrénées orientales des créateurs d’utopies. Le village de Tordères (180 habitants), plutôt à gauche, vaut le détour pour son fonctionnement hors-norme : le pouvoir y est aux villageois. Le conseil municipal est né d’une réunion publique ouverte à tous, enfants et ados compris. Les habitants y décidèrent alors collectivement de ce qu’ils souhaitaient promouvoir : le maintien de l’école, des emplois municipaux, un urbanisme pour lutter contre la pression foncière, la protection des zones agricoles et naturelles, le bien vivre ensemble. Les candidat-e-s ? Désignés par la suite, sur la base de la défense du bien commun. La liste ? Paritaire, incluant des chômeurs, des précaires et des personnes arrivant de l’étranger. Elle fut élue, avec un taux de participation chatouillant les 90 %. Maya Lesné, chômeuse, est devenue maire, à la place d’un bétonneur. « L’important est que cela aurait pu être n’importe lequel d’entre nous », a-t-elle dit.

Cerise confite. Cela faisait des jours que l’on nous bassinait avec l’élection d’un pape dit moderne, en la personne du cardinal argentin Bergoglio (F1 pour les intimes), quand le film d’Alexandre Valenti, Argentine, les 500 bébés volés de la dictature (Fipa d’or 2013), est venu apporter son air frais. Ce grand reportage, diffusé sur Arte (19 mars), s’est ouvert sur des paroles de grands-mères de Buenos Aires témoignant des lâchetés, voire des complicités de l’Église sous la dictature du général Videla, qui organisa la disparition et l’exécution de 30 000 opposants. Le cinéma du Conseil pontifical pour les Communications sociales, au Vatican, projettera-t-il le film ? « Il n’est jamais trop tard », selon Saint-Luc.

Bigarreau. Les Grands-mères de la place de Mai justement. Des mémés déterminées, avec un objectif clair, une victoire humaine et politique au bout de trente ans. Du coup d'État de Videla (1976) aux juntes militaires successives (1983) en Argentine, elles voulaient retrouver les enfants volés par la dictature, les rendre à leurs familles. Nombre de leurs filles et belles-filles disparues étaient enceintes. Enlevées, séquestrées, torturées, elles accouchaient puis étaient assassinées, parfois jetées vivantes à la mer. En collectant des données, en menant des actions en justice et en bravant les militaires, les grands-mères ont révélé le rapt de ces bébés "donnés" à d’autres, dont les bourreaux de leurs parents. Bousculant la génétique, organisant voyages et manifs, leur combat a permis de retrouver 107 enfants, de faire condamner Videla à perpétuité pour « vol de bébés, plan systématique d’État et crime contre l’humanité », de remettre en cause l’amnistie dont bénéficiaient les salopards de la junte. «Indignés de tous les pays, prenons de la graine et des mémés !»

Des Indignés chinois ne se privent pas d’utiliser le droit de pétition de leur Constitution. Par vagues humaines convergeant sur Pékin, des paysans, ouvriers, fonctionnaires, parfois des flics et militaires dénoncent la corruption, les passages à tabac, les enfermements en camp de travail, la spoliation par des promoteurs en cheville avec les autorités. «Indignés de tous les pays, prenons de la graine de riz !»

Cerise mystère.

(a) Alexis Nikolaïevitch (1904-1918), tsarévitch, assassiné par un commissaire bolchevik en 1918.

(b) Fils du Captain Iglo de chez Findus.

(c) Ivan VI (1740-1764), tsar de Russie de 1740 à 1741, enfermé au secret durant 22 ans et assassiné par son geôlier sur ordre de Catherine II, impératrice.

La réponse est dans le numéro de Cerises à télécharger sur le site.