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Ce ne sont pas les services publics qu'il faut réduire, c'est avec la tutelle des actionnaires qu'il faut en finir pour créer dans chaque entreprise des collectifs de travail, où les producteurs de biens et de services maîtriseront les investissements.

On ne peut pas dire que le mot d'ordre de grève de l'intersyndicale FSU-CGT-Solidaires ait remporté un franc succès jeudi dernier.

Maigre participation à l'heure d’information syndicale, peu de débat en salle des profs, 10 % de grévistes au final, mon collège n'a pas échappé à l'ambiance morose du moment.

On ne peut pas dire non plus que mes collègues considèrent que le gouvernement fait ce qu'il peut dans un contexte de crise auquel il serait difficile d'échapper. Le conseil d’administration qui examine la DGH (dotation globale horaire) pour 2013 s'est tenu. Le texte présenté, voté par l'ensemble des représentants enseignants, parents, élèves, agents et élus de la commune, dit clairement que nous n'avons pas vu le changement et que la prétendue priorité donnée à l'Éducation nationale ne se concrétise pas dans cette dotation.

Mais voilà, nous sortons de 10 ans de discours dont le but a été de diviser les fonctionnaires et les salariés du privé. C'est ainsi que ma collègue me dit : «  Votre grève, ça ne m’intéresse pas, ce que je veux, c'est faire la peau des patrons qui s'en mettent plein les poches. »

Et 20 ans d'échec des mobilisations contre les réformes successives de la Fonction publique (décentralisation, salaires au mérite, RGPP, précarisation, gel des salaires, LOLF....), ça pèse.

Si on ne prend pas à bras le corps le sentiment de n'avoir prise sur rien, on risque de ramer longtemps. Depuis des années, on lutte le dos au mur, en essayant de limiter les dégâts.

Même s'ils ont besoin d'être étendus, transformés, rénovés pour mieux répondre aux besoins des usagers, les services publics ont fait la preuve de leur efficacité. Libérés (en partie?) de la recherche de profit, et des logiques de rentabilité financière, ils représentent une grande partie de l'activité économique du pays.

Ce ne sont pas les services publics qu'il faut réduire, c'est avec la tutelle des actionnaires qu'il faut en finir pour créer dans chaque entreprise des collectifs de travail, où les producteurs de biens et de services maîtriseront les investissements. Nous pourrions ainsi en finir avec l'opposition entre public et privé et inventer une nouvelle définition d'un secteur commun d'activité (éducation, santé, eau, transport, communication....) et un secteur d'activité partielle en nous appuyant sur cet acquis fondamental de la Fonction publique qui considère chaque travailleur comme porteur d'une qualification (grade) quel que soit l'emploi occupé pour l'étendre à tous les secteurs d'activité.

Utopique ? N'y avait-t-il pas une part d'utopie chez celles et ceux qui ont imaginé la Sécurité sociale au lendemain de la seconde guerre mondiale dans un pays dévasté et qui permis de faire vivre ce principe communiste : « Chacun donne selon ses moyens et reçoit selon ses besoins » ?