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Tribunes libres / Idées

Un droit de la personne humaine

Une fois de plus "les professionnels de la profession" sont les experts du difficile problème de la fin de vie. Citoyens, circulez, y a rien à voir ! Pourtant, selon un sondage de septembre 2012 de Pèlerin Magazine, 86% d’entre eux sont favorables à la légalisation de l’euthanasie.

« Nous sommes dans une société qui refuse de "savoir" que la vie a une fin et qui fait de la mort une chose quasi clandestine, qui "désocialise la mort". »

Que dire du rapport Sicar, si ce n’est qu’il ne va pas beaucoup plus loin que la loi Léonetti ? Que dire de la mission Sicard composée presque exclusivement de professionnels de la santé ? Un projet de loi sera déposé en juin 2013. Mais ne peut-on pas faire de cette question un débat national, qui remettrait la mort à sa place ? Nous sommes dans une société qui refuse de "savoir" que la vie a une fin et qui fait de la mort une chose quasi clandestine, qui "désocialise la mort".

Les politiques de gauche comme de droite sont influencés par la culture judéo-chrétienne et il n’est que de lire « L’euthanasie doit rester un acte transgressif » pour constater qu’en matière de recherche d’émancipation ou de démocratie on peut faire mieux.  Ca devient carrément pénible lorsqu’on lit : « Pour les gens qui demandent à la société de les aider à se suicider alors qu’eux peuvent le faire, il est légitime de se demander quelle douleur psychologique justifie le suicide assisté ». Quand la mère de Lionel Jospin a planifié sa fin de sa vie elle n’a pas eu besoin d’être "assistée" : elle était dans le milieu médical. (Je recommande d’ailleurs le livre de sa fille, Noëlle Chatelet, à ceux qui posent la question.) Que dire de l’épouse de Roger Quilliot qui n’a réussi sa tentative de suicide que la 3e fois en remplissant ses poches de cailloux avant de se jeter dans un lac ?

Dans les deux cas elles ont choisi. Et pourtant …

Qui est-on pour déclarer : « La vraie question, c’est le désert de soins palliatifs » ?

Pourquoi les opposer à la fin de vie choisie ? Il faut leur donner plus de moyens, mais il faut aussi donner à ceux qui le veulent le choix de finir comme ils l’entendent. Il ne s’agit pas d’imposer : chacun doit pouvoir choisir en fonction de ses convictions, de sa culture, de sa religion. Je considère que mon corps, ma vie au sens premier du terme, sont les seules choses qui m’appartiennent en propre et c’est à moi seule de décider. Je ne veux pas de juridiction pour évaluer à ma place, pour statuer si ç’est acceptable ou non. Qu’est-ce qui est acceptable en la matière ?

« une liberté offerte à chacun de conclure sa vie comme il l’entend, un moyen de demeurer l’arbitre de son destin »

De la même façon, je n’admets pas, si je n’ai plus la capacité physique ou mentale de décider, de m’en remettre aux proches qui en discuteront avec le corps médical et prendront la "meilleure" décision. Pour qui ?

Et c’est bien parce que la loi ne peut pas définir de cas particulier qu’il faut légiférer dans le sens de la responsabilité individuelle et permettre à chacun lorsqu’il est encore en pleine possession de ses moyens de faire part à un organisme officiel de ses désirs, quitte à les modifier s’il change d’avis(1). Ce nouveau droit devrait être considéré comme une liberté offerte à chacun de conclure sa vie comme il l’entend, un moyen de demeurer l’arbitre de son destin. Il faut donc admettre que «c’est un droit de la personne humaine, comme le droit à l’avortement qui doit dès lors être transcrit dans la constitution elle-même pour que personne ne soit plus tenté d’y toucher» (Discours de JL Mélenchon à la Bastille)

(1) Actuellement voir l’ADMD, ignorée par la commission Sicard malgré 42 000 adhérents.