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Tribunes libres / Idées / Mouvements / Organisations

Ouvrir un autre horizon par un mouvement de la société

Quel est l’élément politique majeur en cette rentrée ? Au vu des intentions et surtout des actes, on ne le trouvera pas dans les choix effectués jusqu’ici par le nouveau pouvoir. Celui-ci veut aujourd'hui, comme d'autres hier, faire admettre que l’austérité est le remède obligé des maux économiques et sociaux et, du même mouvement, masquer que l’austérité est l’élément premier de ces maux.

Pour le Front de gauche, il ne s’agit nullement de se frotter les mains tandis qu’est mise en œuvre une politique d’austérité "de gauche". Il s’agit, bien évidemment, de s’y opposer et d’obtenir des avancées utiles immédiatement au peuple. Mais nous devons nous rappeler que " la pression sur le PS" est une stratégie pratiquée depuis les années 70, quand le PC était à 22 % et le PS à 16 %. Cette pratique n’a, au fond, rien changé depuis quarante ans, sinon affaibli fortement et durablement la principale force politique de la gauche authentique qu’était le PC. L’essentiel des responsabilités du Front de gauche est ailleurs : il s’agit de faire grandir l’idée qu’une rupture avec les solutions du capitalisme est nécessaire, faute de quoi on continuera de courir du pire au pire, jusqu’aux abîmes.

Seule une alternative globale, issue d’un mouvement de la société, peut être capable de peser suffisamment pour bouleverser l’agenda et les stratégies politiques actuelles. La tâche première du Front de gauche est donc de travailler à dégager un autre horizon politique.

Pour cela et pour devenir une force solide et durable, le Front de gauche doit travailler à créer les conditions d’une participation active des citoyens, pour que les femmes et les hommes chez qui l’angoisse de l’avenir a remplacé l’espoir du lendemain, deviennent eux-mêmes des acteurs d’idées et d’arguments, des propagateurs d’idéal. Toutes les batailles des idéologues du capitalisme visent à les convaincre de leur incompétence politique, qu'ils n'ont pas à se mêler des affaires du pays et de son devenir. On veut à tout prix masquer que toutes les inégalités – économiques, sociales, sociétales… - proviennent, avant tout, de l’inégalité politique.

Il ne peut y avoir de projet commun qu’élaboré ensemble, au cœur des différences. Co-inventer, co-construire, co-décider, c’est cela le faire ensemble.

Pour nous, Front de gauche, qui disons « Place au peuple »,  « Prenez le pouvoir , qui évoquons la révolution citoyenne, il est grand temps de considérer la mobilisation populaire à la fois comme source et comme but de toute politique qui vise à l’émancipation humaine. La pratique politique qui consiste à "transmettre" aux gens plutôt qu’à construire avec eux est définitivement dépassée. La prise en compte des intelligences individuelles et collectives dont le peuple est porteur est le seul moyen de redonner aux formes exsangues de la démocratie "délégataire",  "représentative", ce sang neuf dont elle a un besoin urgent.

Il faut que le mouvement populaire cesse d’être pensé comme un "soutien" et non comme pouvant être l’acteur principal, à l'initiative pour poser la question de la rupture avec l’existant. Il ne peut y avoir de projet commun qu’élaboré ensemble, au cœur des différences. Co-inventer, co-construire, co-décider, c’est cela le faire ensemble, c'est le cœur de la citoyenneté.

Pour nous qui voulons révolutionner les pratiques politiques, ne devons-nous pas partager à égalité la responsabilité de la vie, des activités et des décisions du Front de gauche ? Ne devons-nous pas nous adresser aux syndicalistes, aux associatifs, à toutes celles et à tous ceux qui sont déjà avec nous ou peuvent nous rejoindre : « Prenez le pouvoir, et d’abord dans le Front de gauche ».

Tout nous appelle à ce que soit, sans retard, mis en débat, tant sur le fond que sur la forme, la nécessité de créer partout des comités citoyens du Front de gauche et que toutes et tous puissent adhérer directement. Si nous nous attelons à ces deux tâches, alors prendra corps en France "le front du peuple".

P. Goldberg est ancien député et maire de Montluçon (Allier).