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Assemblées citoyennes, bilan contrasté, ...volonté de poursuivre

À l'heure des bilans d'une première phase de vie, des questionnements sur l'à venir, la plupart des assemblées citoyennes qui ont pris racine entendent “ne rien lâcher”. Quelques illustrations.

En novembre 2011, Cerises avait consacré un dossier aux assemblées citoyennes en gestation (1). Il y était évoqué « la diversité des situations, les potentialités comme les obstacles et les contradictions » ainsi qu'« un frémissement certain de la volonté d'action, du besoin d'engagement citoyen que traduit la venue, en majorité, de personnes non adhérentes à des formations politiques : jusqu'à présent "en marge du champ politique traditionnel", ou s'investissant à des degrés divers dans l'associatif ».

Carte interactive du site placeaupeuple2012.fr
Carte interactive du site placeaupeuple2012.fr

À l'issue d'une première phase d'existence, qu'en est-il ? À première vue, la carte des assemblées citoyennes sur le site placeaupeuple2012.fr donne à penser que les “AC” se sont multipliées. Mais les informations données par un clic sur chaque “borne” de cette carte montrent à elles seules leur disparité - création à partir d'un collectif citoyen pré-existant ou “dérivé” d'une formation politique -, voire leur inexistence, mention étant souvent faite pour beaucoup des seules circonscriptions électorales. Une carte en trompe l'oeil, pourrait-on dire et qui illustre « l'insuffisance des espaces politiques locaux laissant une véritable place à la délibération et à l’initiative citoyennes » que relevait Gilles Alfonsi dans le précédent numéro de Cerises poursuivant : « Dans une large majorité des circonscriptions, les assemblées citoyennes ont été conçues comme des comités de soutien aux candidats du Front de gauche (avec le glissement vers des ‘‘assemblées de circonscription’’). Cela n’efface cependant pas les expériences prometteuses qui ont eu lieu dans de nombreux départements. »

C'est aussi une image contrastée que donnent les quelques textes ci-dessous rédigés par des animateurs d'assemblées citoyennes.

M.K.

Premières réflexions sur les assemblées citoyennes dans le Calvados

Remarques préliminaire : dès notre arrivée dans le comité de liaison départemental du FDG, nous avons proposé des assemblées citoyennes sur des thèmes dette et santé. Cette proposition a été retenue et nous avons été actifs dans la mise en œuvre avant le début de la campagne (octobre et novembre).

Les assemblées citoyennes recouvrent des réalités et des pratiques très différentes, de la simple appellation d'une réunion de campagne classique à des formes plus proches de ce que nous souhaitions.

Les assemblées thématiques :

- sur la dette : elle marque le début du processus

- sur la santé : précédée d'un appel à contribution aux syndicalistes, associatifs, professionnels de la santé, la première session a vu une participation importante (80) et diversifiée avec des contributions réelles. Mais elle est restée trop centrée sur le bilan et l'analyse avec seulement des pistes de propositions. Nous n'avons pas pu (manque de forces) créer les conditions d'un comité permanent si bien que la seconde session en février a été beaucoup moins dynamique (30 à 40), malgré l'intervention introductive de Françoise Nay de la coordination des hôpitaux et maternités de proximité. Une reprise semble possible à la rentrée ( budget, LFSS...).

- sur l'emploi, le PCF a pris l'initiative d'inviter Didier Le Reste et des syndicalistes des entreprises du secteur. Si les interventions d'introduction ont pris sans doute trop de temps, la participation des syndicalistes a été réelle. Par exemple, des militants CGT de Pôle Emploi ( qui avaient déjà participé à une visite de Pierre Laurent) sont intervenus sur les manques du programme partagé sur les questions qui intéressent les chômeurs...

La lente gestation des assemblées citoyennes :

La majorité a été organisée en sollicitant la participation des organisations composant le Front de gauche : nous sommes ainsi intervenus dans des lieux où nous ne sommes pas présents. La contrepartie, c'est que l'organisation est restée sous forme cartellisée.

Dès le début de la campagne une réunion publique a été organisée avec P. Laurent et M. Billard : nous avons fait le choix de n'envoyer qu'un “local” chargé en plus de l'intro, nous avions souhaité laisser une large place au public : interventions trop longues des intervenants de la tribune ( présidence PCF, Pierre Laurent et Nicolas Benies...), la majorité des intervenants restaient dans un rapport questions/réponses, les interventions sur la stratégie étaient encore trop l'apanage des “ organisés”.

Forts de cette expérience nous avons fait sur Caen une AC sans thème précis ( “Qu'est ce que le Front de gauche ? “) ou plutôt ouverte à tous les sujets avec une intro minimale sur le cadre des Assemblées citoyennes. Difficile à animer, trop grande place encore des “organisés”, peu de dynamique ( personne n'a posé la question d'une suite.

Au fil des réunions plus locales, la dynamique a, dans nombre de cas, conduit d'une réunion publique électorale traditionnelle a un contenu plus citoyen :

- sur Bayeux déjà, la première réunion début février ne s'était pas limitée au sujet prévu ( la politique agricole avec un spécialiste national du PCF), mais on y avait abordé les questions d'alliances, de stratégie ... 2 mois après le contenu est bouleversé et des propositions sur l'industrialisation “surgissent” du public.

- À Ouistreham, lors d'une réunion des présidentielles, avec le futur candidat député, des syndicalistes sur Renaukt Trucks et Pôle Emploi, les présents imposent le débat sur le second tour et le désistement, et le peu de place de l'écologie.

- Dans une AC à Caen en fin de campagne législative, des personnes présentes font une demande explicite de donner une suite au Front de gauche et proposent d'y participer : une discussion s'engage sur les formes de participation

- D'autres assemblées existent à Orbec les bains et à Deauville et ailleurs

En plus de ces AC, nous avons initié 2 apéros citoyens ( un quartier et centre ville) où toutes ces discussions ont eu lieu.

Premier bilan :

les réponses à apporter ne sont pas à notre sens “comment encarter les non-encartés” mais quels espaces de travail ouverts mettons-nous en place : ateliers citoyens pour suivre le travail parlementaire ? Assemblées citoyennes thématiques ou espaces de débat politique global ?

Difficile à dresser car il est indissociable des suites qui seront données (réunion est prévue le 4 juillet), néanmoins quelques éléments :

- le nombre d'AC a été important (60 ?) compte tenu du fait que d'autres activités ont eu lieu (interventions sur les marchés ou les quartiers, meetings plus classiques, bus pour Rouen et Paris...). C'est beaucoup plus que les campagnes antérieures et du même ordre qu'en 2005 .

- le nombre de participants a été là aussi supérieur même s'il s'agissait principalement de militants ou d'anciens militants alors que c'était beaucoup plus divers dans les bus (effet Mélenchon ? Mode de participation plus populaire?). A l'exception de la CGT, nous avons noté une très faible participation syndicale et associative, quasi absence des militants de SUD Solidaires et de la FSU sauf dans les 1ères AC Santé et dette hors campagne. Même chose pour le secteur associatif (bien sûr les camarades membres des organisations du Front de gauche et syndicalistes ou associatifs étaient présents,)

- comme indiqué plus haut le type de participation a évolué au cours des campagnes et la volonté de participer est plus marquée vers la fin. Les formes festives, conviviales ou thématiques semblent l'emporter chez celles et ceux étaient le plus loin de la politique. Mais au total il y a de l'intérêt pour des espaces de débat et de lutte citoyens et politiques.

Nous travaillons sur les réponses à apporter qui ne sont pas à notre sens “comment encarter les non-encartés” mais quels espaces de travail ouverts mettons-nous en place : ateliers citoyens pour suivre le travail parlementaire ? Assemblées citoyennes thématiques ou espaces de débat politique global ?

Etienne Adam, Compte-rendu rédigé dans le cadre de la Fédération pour une alternative sociale et écologique.

Nancy et sa grande couronne : Comment poursuivre la dynamique ?

Après 2 réunions de préparation à Nancy (la première le 21 janvier, une quarantaine de personnes dont 2/3 non encartées), le groupe a choisi de tenir 3 Assemblées citoyennes autour de Nancy ; d'abord, en mars, sur "les alternatives politiques au capitalisme" puis en avril "la crise, la dette, Mélenchon, la solution ?"

La dernière, le 23 mai, avait pour sujet : “Comment poursuivre la dynamique du Front de gauche après la campagne présidentielle.”

A l'issue de celle-ci, un groupe de 10 personnes (toutes non encartées) travaille sur les statuts d'une association qui devrait couvrir Nancy et sa "grande couronne". Avant la fin juin, nous aurons donc créé cette association ; elle ne fonctionne pas du tout comme un comité de soutien aux candidats ; elle est d'ailleurs sur plusieurs circonscriptions.

Certains ont fait la campagne, d'autres ne sont pas enthousiastes, n'ayant pas été associés aux choix des candidats ou des orientations politiques défendues localement.

La FASE est trés "moteur" mais ne "dirige" pas ; il y a aussi un peu de PG et parfois des PC ... qui regardent essentiellement ; il n'est pas question d'aller contre les partis mais de faire entendre une voix citoyenne, autre que celle du parti dominant. Participer ne doit pas se limiter à la distribution des tracts ...

Dés que la structuration sera établie, nous devrions rencontrer les organisations qui composent le CLP en 54. Nous communiquerons alors les noms des responsables de l'assoc ainsi que les actions prévues et décidées.

Nous concernant, dans l'état de nos réflexions, nous devrions proposer que les AC fassent office de "groupes locaux" et siègent donc au sein du CLP. La "charte" le prévoit et dit aujourd'hui que 2 représentants de chaque groupe local peut représenter. Nous proposerons de modifier ce texte afin que "citoyens" et "partis" soient traités à équivalence.

A suivre !

Philippe Leclerc (Gauche alternative 54 – FASE - Compte-rendu rédigé dans le cadre de la Fédération pour une alternative sociale et écologique.)

Paris 20ème : Assemblée citoyenne, on continue !

Cette première Assemblée citoyenne après la dernière séquence électorale avait d'abord pour enjeu de tester la volonté de celles et ceux qui s'étaient retrouvés dans le Front de gauche depuis des mois de continuer à se rencontrer non seulement pour faire des bilans mais surtout pour faire face aux défis de la situation actuelle. Nous avons pu constater que l'unité réalisée ces derniers mois dans le cadre du Front de gauche entre différentes composantes politiques et l'ouverture aux non-encarté-e-s avaient porté leurs fruits : près de 80 participant-e-s !

En effet, Sarko viré ( et quel soulagement!), nous sommes toujours confrontés aux effets des crises et "vague rose" n'est pas synonyme de "vie en rose". SMIC, chômage, licenciements, logement, expulsions, Pacte budgétaire, etc. : pas de vrai changement à ce stade !

Il faut donc dès maintenant s'organiser pour amplifier la pression. Et pour cela poursuivre la dynamique du "toutes et tous ensemble". Les interventions se succédèrent sur les campagnes à lancer et sur la manière de fonctionner : permettre à toutes et tous d'avoir son mot à dire pour agir.

Dès la fin de l'Assemblée furent annoncés de nombreux rendez-vous de luttes ainsi que la date des "Estivales d'été" à Grenoble les 25 et 26 août pour une rencontre nationale des composantes politiques et de toutes les structures du Front de gauche : fronts des luttes, fronts thématiques, conseil national, assemblées citoyennes et collectifs locaux.

Michel Rousseau

Tract d'invitation 26 juin 2012 Assemblée citoyenne Paris 20e
Tract d'invitation 26 juin 2012 Assemblée citoyenne Paris 20e

- Texte de l'invitation :

«Après les bons résultats du Front de gauche dans le 20ème : 14,50%, notamment du fait de l'unité large réalisée pendant les campagnes électorales et dans les collectifs unitaires de cet arrondissement, nous sommes décidés à continuer ensemble.

Certes, nous sommes soulagés d'avoir battu Sarkozy, mais nous savons aussi que sans notre mobilisation rien n'est gagné contre les puissances de la finance, notamment du fait de la situation économique et sociale générée par les crises dans toute l'Europe.

C'est donc tout naturellement que nous voulons prolonger la dynamique unitaire dans le cadre de l'Assemblée citoyenne du 20ème, pour ancrer, élargir et renforcer le Front de gauche dans notre arrondissement.

- Quel bilan pouvons-nous faire des élections présidentielles et législatives ?

- Quelles suites pour le Front de Gauche ?

Ce seront les thèmes principaux de nos échanges lors de la prochaine Assemblée citoyenne du Front de gauche 20ème. »

Martigues : démocratie, n'ayons pas peur !

Septembre 2011: la FASE rejoint le PCF et le PG au sein du Front de gauche. En novembre, la première assemblée citoyenne réunit plus de 200 personnes. Les suivantes confirment cet élan.

Première assemblée citoyenne de Martigue
Première assemblée citoyenne de Martigue

Certains doutaient: “Prenez le pouvoir”, faut-il respecter ce mot d’ordre à la lettre? Une réunion sans thème précis, est-ce possible ? Ne doit-on pas maîtriser les interventions ? Et la salle ? Un cercle, sans tribune ? mais le maire, candidat député, doit-il occuper une place singulière ?

Au fur et à mesure, la confiance est venue.

Non, cette femme qui crie sa détresse, parce qu'avec 600 euros par mois, elle n’a pas encore de HLM, n’est pas une ennemie de la municipalité communiste. Elle découvre que nous sommes à ses côtés. Elle mènera campagne avec nous.

Non, la tribune n’est pas de mise, le maire, et les élus, sont à leur place parmi les participants, leurs interventions n’ont pas besoin de chaire pour être appréciées.

Oui, on invite au collectif de travail du Front de gauche les personnes qui se sont inscrites pour participer à la campagne, et l’efficacité est renforcée.

Non, la parole qui circule librement n’est pas un gâchis, il n’y a pas de thème précis, pourtant on se parle, on s’écoute, on construit et tout le monde en redemande.

On construit cette force neuve, autonome et conquérante, qui poursuit son but, bâtir tous ensemble une société d’émancipation.

A Martigues, on aime les assemblées citoyennes : la prochaine se tient vendredi prochain. On lâche rien !

Nanie Bellan

Des collectifs du Non, aux assemblées citoyennes, l'expérience montre que c'est lorsque nous devenons incontournables qu'on nous écoute!

Rennes : Pas mal le bilan mais encore du boulot

L'assemblée citoyenne rennaise a à son actif une douzaine de réunions, des rencontres avec des salariés en lutte contre une fermeture d'entreprise, avec lesquels nous avons élaboré un journal, d'autres en lutte contre un plan de licenciement, des liens avec différents collectifs (collectif de soutien aux personnes sans papier, collectif anti-précarité, association citoyenne d'un canton du département où le FN a fait un score important), une initiative publique autour de la diffusion du documentaire Mains brunes sur la ville, la convergence de plus de 100 militants de différents réseaux, et bien sûr l'implication de nombre de ces militants dans les différentes initiatives de la campagne des présidentielles et des législatives.

Pas mal finalement comme bilan!

Journal de l'AC rennaise réalisé avec les travailleurs licenciés de Paru-Vendu
Journal de l'AC rennaise réalisé avec les travailleurs licenciés de Paru-Vendu

Pour autant il reste des obstacles à lever. D'abord une vraie reconnaissance par les organisations du Front de gauche de l'utilité de cet espace politique, une implication des militants de ces organisations, qui tout au long de la campagne électorale ont privilégié les actions de leur parti, la possibilité pour des militants hors organisation de participer au comité de liaison départemental et donc de peser dans les décisions du Front de gauche. Et là, il y a encore du boulot!

Mais pour obtenir cela, il faut gagner en autonomie de décision : il nous est arrivé de ne pas organiser une initiative publique parce que nous ne sentions pas suffisamment le soutien des organisations du Front de gauche. Des collectifs du Non, aux assemblées citoyennes, l'expérience montre que c'est lorsque nous devenons incontournables qu'on nous écoute !

Sylvie Larue

(1) Cerises n°123 - 25 novembre 2011