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Trois candidats FASE en Ile-De France - Trois expériences et vécus du Front de gauche

Avec les travailleurs de Véolia en grève
Avec les travailleurs de Véolia en grève

Chacun se souvient que la circonscription - imprenable par la droite - de Sevran-Tremblay-Villepinte avait fait l'objet d'un accord particulier entre le PS et EE-LV : un candidat unique y était présenté contre François Asensi, député Front de Gauche. Pour mener ce hold-up, la fédération de Claude Bartolone avait investi le maire de Sevran, Stéphane Gatignon, dont le projet politique peut être résumé ainsi : « effacer les lignes de partage politiques des années 70 devenues obsolètes et intégrer le nouveau monde qui vient, un monde dont la lutte des classes n'est pas le paradigme ».

Cette orientation très droitière s'était déjà manifestée, lors des cantonales de 2011, par l'élection d'un candidat EELV-PS sur le canton de Sevran et un coup de pouce pour faire battre la Maire (FDG) de Villepinte par la droite. Malgré la perte des deux sièges renouvelables sur la circonscription, le bilan des cantonales était important sur le plan militant : la rupture consommée, les militants du Front de Gauche avaient pris la mesure de l'opération pilotée par le PS : éradiquer l'influence communiste et l'esprit de résistance au libéralisme.

La campagne pour la ré-élection de François Asensi a donc débuté en octobre 2011. Et le succès de la pétition lancée par l'Assemblée citoyenne sur la question du RER B en novembre a marqué toute la campagne : plutôt qu'une campagne électorale, une campagne d'actions, démontrant l'atout que représente un député qui se bat avec les citoyens. D'une campagne imaginative mais classique, nous sommes passés à une campagne de luttes, mêlant élus, militants politiques, syndicalistes, responsables d'associations,...

Ce choix a vite été validé par la vie : lors de l'assemblée de militants convoquée d'urgence après l'accord EE-PS, une salariée vient proposer ses services et pousse à l'organisation d'une manif devant la direction de la ligne de RER ; à l'assemblée suivante, une femme étrangère, victime de violences familiales et menacée d'expulsion avec sa petite fille, vient demander l'aide du député ; la réunion publique sur l'emploi se transforme en meeting de soutien aux syndicalistes de la circonscription ; l'initiative autour de la propositions de loi Asensi contre les discriminations territoriales est conçue comme une démonstration de la richesse humaine de la banlieue ; le banquet de fin de campagne sera une soirée métissée autour des cultures du monde...

Le savoir-faire de François Asensi, l'adoption de Clémentine Autain comme suppléante (et pas seulement), l'ouverture d'esprit des sections locales du PCF, l'expérience accumulée par les militants de la FASE, ont permis de mettre sur un pied d'égalité tous les participants. Le choix d'un cadre très informel y a aidé même s'il faut aujourd'hui prendre une décision pour structurer le Front de Gauche sur chacune des communes et donner toutes leurs places aux citoyens qui ne souhaitent pas rejoindre un des partis qui le compose.

Un militant avait dit un soir : « Maintenant, qu'on gagne ou qu'on perde, on peut être fiers de nous : on a fait la démonstration que la solidarité, c'est la solution pour tout de suite et pour demain ». L'apéritif festif pris par les militants, la veille du premier tour, sur le marché de Sevran, avait le goût de la reconquête...

G. B.

Avec les Fralib
Avec les Fralib

Dans un contexte général marqué par un affaiblissement de la droite, une sous estimation de la "vague rose", une surestimation du résultat de la présidentielle et une mauvaise prise en compte de la dynamique potentielle du mouvement qu’elle a suscité, le score de Jacqueline Fraysse au premier tour de l'élection présidentielle est exceptionnel : elle progresse de plus de 5 points et de 2102 voix par rapport aux dernières législatives de 2007. Par rapport à la présidentielle, avec plus de 29%, elle double le score de Jean-Luc Mélenchon (14,89%). Ce très bon résultat permet à l'ensemble de la gauche de progresser sur la circonscription, alors que, dans le même temps, Yacine Djaziri (PS) perd plus de 13 points par rapport à François Hollande.

Cette réussite est le résultat d'une stratégie menée dès le début de la campagne alliant dans un même mouvement la volonté :

- d'élargir le rassemblement à gauche, dès l’annonce de la candidature, dans le respect des différences

- de mettre en avant des propositions pour que la gauche réussisse, à partir du programme L'Humain d'abord du Front de gauche et du travail mené lors de temps forts comme le "Forum des droits".

- de participer activement aux luttes et à leur animation (hôpitaux, hôtel Campanile, SEGPA, carte imagine’R, logement, Fralib...)

La place prise par Gauche Citoyenne, mouvement pluraliste local, par des syndicalistes, par des acteurs locaux très divers, par nombre de militants sincères, leur détermination, ont compensé une certaine frilosité, illustrée par le fait qu’à trois semaines du premier tour les sites internet de Nanterre du PCF et du Front de Gauche ne traitaient pas de la candidature de Jacqueline et Rodolphe Balensi, son suppléant, membre du PCF. Par-delà la pertinence de quelques réunions thématiques, elles-mêmes organisées dans les quartiers, plus que de "convoquer", il s’est surtout agi d’aller résolument vers les gens là où ils se trouvaient.

G. P-B

« (…) Je tiens à remercier toutes celles et ceux qui se sont mobilisé-e-s lors de ces dernières semaines afin de porter nos propositions en faveur des quartiers populaires.

Nous n’avons pas gagné. La bataille a été menée jusqu’au bout avec une semaine de mobilisation exceptionnelle qui a su réunir des énergies et une enthousiasme que nous devons à tout prix sauvegarder. Nous pouvons être fiers de ce que nous avons réalisé ensemble.

Le taux d’abstention, et la « vague rose » marquent un divorce profond entre les élites politiques, es militants et une France invisible qui se tait et qui n’est pas inscrite, elle, dans la vie sociale.

A Saint-Denis, nous avons encore la chance de partager les valeurs et les principes d’une ville-monde solidaire où chacun doit pouvoir trouver sa place. Personne n’en est exclu au motif qu’il ou elle n’appartiendrait pas à une certaine classe sociale, ou qu’il ou elle n’aurait pas de moyens suffisants pour y habiter.

Cette ville, nous devons continuer de faire en sorte qu’elle réponde aux besoins de toutes et tous quelles que soient les origines sociales, les revenus…

Aujourd’hui, nous sommes la force vive de Saint-Denis. Nous avons deux ans pour construire collectivement un lieu de réflexion, de travail et d’action.

Tout reste à faire. Nous ne devons rien lâcher ! »

(…)

Déclaration de Patrick Braouezec le 20 juin 2012