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Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Non, non, rien n’a changé !

Le capitalisme possède la capacité incroyable de faire de ses propres turpitudes une réussite commerciale et une performance d’acteurs. Ainsi le film de J.C. Chandor, intitulé Margin Call (Appel de marge, terme de finance) qui nous emmène au cœur d’une banque à Wall Street durant le krach boursier de 2008. Conscients de la bombe qu’ils ont construite, des banquiers d’affaires et des traders décident d’allumer la mèche afin de sauver leur propre mise : ils font donc "sauter la banque" en liquidant les actifs pourris. En une journée.

À côté de ce film, Dallas, son univers impitoyable est du pipi de chat. La cupidité est la valeur de ces financiers-là, l’argent qu’ils manipulent, leur horizon. Ils étaient ingénieurs dans les ouvrages d’art, l’aéronautique… Ils mettent leur créativité au service de modèles mathématiques de plus en plus sophistiqués, de produits financiers toxiques et destructifs. Loin d’eux l’idée de remettre en cause un bout du système. Des sommes faramineuses en échange de leur collaboration ou de leur silence les achètent.

Hier, le capital s’accumulait sur la durée. Aujourd’hui, il tourne. De plus en plus vite et en multipliant les opérations. Chaque jour, les banques d’affaires internationales empruntent aux banques centrales (si !) des centaines de milliards de $ ou d’€ à faible coût et à court terme. Et non pour réinjecter ces ressources dans l’économie, mais pour détourner la manne dans des paris spéculatifs sur des actifs qui peuvent rapporter plus que le coût de l’argent emprunté. Lorsque les prêteurs suspectent un risque, les robinets sont coupés, il y a crise des liquidités. C’est la faillite. Comme celle de la banque d’affaires Lehman Brothers en 2008.

Avec les banques JPMorgan (qui vient d’annoncer des pertes spéculatives colossales) et Goldman Sachs (qui a permis à la Grèce de maquiller ses comptes publics), la situation est pire qu’auparavant. Le nombre de produits toxiques a augmenté, avec des effets multiplicateurs de plus en plus puissants. En 2012, nous pouvons entonner le refrain des Poppys : « Non, non, rien n’a changé. Tout, tout a continué. »

Malgré les tentatives de régulation, l'Europe, qui n’a toujours pas la main sur la BCE, n’est pas plus protégée que les États-Unis où la pression du lobby financier est très forte et où des banques continuent à parier sur la faillite potentielle de la Grèce. Et Mario Draghi (à la tête de la Banque centrale européenne - BCE) et Mario Monti (successeur de Berlusconi) sont d’anciens collaborateurs de Goldman Sachs. La France moins exposée ? Combien de collectivités territoriales et d'hôpitaux sont aujourd'hui asphyxiés par les crédits à risques de l’ex-banque Dexia ?

Les solutions sont connues : il faut couper les tuyaux de la spéculation, reprendre le pouvoir sur les banques, supprimer au plan mondial tous les produits toxiques et non utiles à l’économie réelle. Cela méritait un film. Cela mérite une refondation économique mondiale et d’autres sommets.