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Idées / Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Quand des X changent d’axe

J’ai une amie polytechnicienne qui a tellement goûté aux joies du capitalisme et du CAC 40 qu’elle a fini par en souper. La voilà qui me souffle avant-hier au téléphone que, c’est décidé !, elle votera Mélenchon. Elle qui penchait politiquement pour Michel Rocard… Faisant référence à la revue de l’X, La Jaune et la Rouge, je lui ai dit que le temps était venu pour elle de choisir la bonne couleur.

Je me suis rappelé qu’elle lisait Le Nouvel Observateur, aguichée qu’elle était par certaines Unes de son hebdo de gôche, classant chaque année les grandes écoles, les hôpitaux, les lycées… Elle m’avoua qu’elle en avait marre de ces marronniers possédant l’art d’ériger en vertu des inégalités, de désespérer le peuple et d’élargir le désert.

Je me suis connecté, allez savoir pourquoi ?, sur le site du Nouvel Obs. Hasard ? Je tombe sur un diplômé d’HEC, parlant de la route qu’il avait choisie au carrefour…

« J'ai 30 ans, je travaille dans le privé depuis 6 ans, et je fais partie des 5 % des contribuables français qui paient le plus d'impôts. Mes intérêts devraient me conduire à voter pour le candidat PS ou UMP à l’élection présidentielle. Mais le 22 avril, je ne voterai ni pour François Hollande, ni pour Nicolas Sarkozy, mais pour le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon. »

Pour le voyage complet : leplus.nouvelobs.com/contribution/521016-ancien-liberal-ec-ure-par-le-monde-du-travail-je-voterai-melenchon.html

L’entretien, dans Cerises n° 124 (déc. 2011), d’Hermès, cadre dirigeant d’une multinationale française et lui aussi diplômé, me revint en écho : « Les banques d’affaires, les traders des salles de marché et autres acteurs de la partie toxique de la finance livrent un combat acharné contre toute limitation de leur “liberté” de spéculation. Ils pratiquent une corruption sophistiquée de la sphère politique. »

J’en ai déduit que quelque chose bougeait dans une partie de l’"élite" économique et sociale. Elle ne se résout pas au "Travaille et tais-toi". Elle ne se résume pas à la cupidité. Elle possède un capital social et peut avoir le sens du commun. Notre tâche politique et humaine n’est pas de nous satisfaire de ces "ralliements", qui n’en sont d’ailleurs pas vraiment. Elle est de donner une place pleine et entière à ces citoyen-ne-s, à leur expertise, leurs désirs de changer le travail, la finance, le monde. Elle est de fédérer le chômeur, le précaire, le fonctionnaire, le cadre du privé… pour qu’ensemble, nous défrichions, avec de nouveaux outils, le chemin de la société post-capitaliste.