Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Horizons d'émancipation

La 4 de couv'

Note d'actualité

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

SE FÉDÉRER POUR L'ÉMANCIPATION

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - J’voudrais bien, mais j’peux point

Ah la Belgique ! Sans "chef" il y a encore quatre mois et sans gouvernement pendant 541 jours… Ouf ! Voilà nos amis belges désormais vernis.

Je revenais l’autre soir de Bruxelles, avec du beau linge dans le wagon Thalys 1ere classe : un député européen français se croyant déjà ministre, un dirigeant sportif, un écrivain, des lobbyistes, des femmes et hommes d’affaires de toutes sortes… De ceux-là qui organisent la flexibilité du travail et l’évasion du capital, pardon ! l’optimisation fiscale. L’hôtesse, diplômée en architecture, et le steward, spécialiste de littérature comparée (à chacun sa passion), tous deux intérimaires, proposaient un yaourt, un canon, des journaux consensuels. Je pris Le Soir du 28 mars 2012. En première page : Mélenchon. Encore lui. Interviewé et affirmant qu’il pourrait, « dans trois semaines et si les Belges le veulent bien, s’occuper de la Belgique. » Gonflé.

C’est dire si la sympathie pour le Front de gauche grossit, grossit… et déborde les frontières de la France. Selon le même journal, certains, entre le PS belge et le Parti du travail de Belgique (PTB), commencent à bouger. Bernard Wesphael, député wallon, membre fondateur du parti Ecolo qu’il vient de quitter, songe ainsi à créer un nouveau parti de gauche, radical et laïque.

Seul ? Dans son éditorial syndical hebdomadaire, Nico Hué, secrétaire des métallos de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) affirme : « Une force puissante souffle comme une bourrasque chargée d’espoir sur l’Europe des progressistes toute entière. Elle gonfle d’optimisme le peuple de ceux qui savent qu’une autre politique est possible (…) Cette révolution citoyenne invite chacun à prendre le pouvoir. Sur sa vie d’abord ! Elle balaye d’un air frais une scène politique engluée dans un discours de résignation et de soumission aux marchés financiers et ringardise les refrains de la confrérie des "j’voudrais bien, mais j’peux point." » 

Quelques jours plus tard, une délégation syndicale est allée voir l'un des tauliers de mon entreprise du CAC 40. Style libéral-autoritaire. Pour obtenir budgets et embauches, plutôt que de rémunérer les actionnaires. Il y a 5 ans, ce patron méprisait toute pensée alternative et communisante. « Avec votre 1,93 % aux élections... , disait-il. Aujourd’hui, avec un Front de gauche entre 10 % et 15 %, le même commence à moins la ramener. Je dis bien : "commence". C’est pourquoi il est désolant qu’Olivier Besancenot reste au bord du chemin à chanter : "j’pourrais bien, mais j’veux point."

* Philippe Stierlin