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Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Cent millions d’Indiens... Et nous, et nous, et nous

« L’Inde est au programme », ai-je entendu l’année du bac. Et allons-y pour dessiner la carte « d’un pays dépassant le milliard d’habitants », y placer Calcutta et New Dehli, citer Gandhi père et fille, parler misère et système des castes… Résultat : 15/20 pour trois images d’Epinal.

Plusieurs années plus tard, tout bachoteur pouvait ajouter la mère Teresa comme icône. Et, en 2008, papoter sur le film à succès Slumdog Millionnaire, du Britannique Danny Boyle, adapté du roman de l'Indien Vikas Swarup : Les Fabuleuses Aventures d’un Indien malchanceux qui devient milliardaire. Le jour viendra-t-il où un Indien fera un film sur la pauvreté en Europe ?

Slumdog ! Littéralement : "Chien de bidonville". L’autre soir, après une virée à Florange et son haut-fourneau en déshérence, me voilà dans une rue de Thionville, ressemblant à celle large et silencieuse d’une ville frappée par un malheur, la nuit. Quelque chose comme une fuite après la défaite. Un être efflanqué errait. « Je suis le chien de Thionville », me dit-il. Il ne s’appelait pas Lakshmi Narayan Mittal, président d'ArcelorMittal, 5e fortune du monde selon le magazine Forbes (mars 2010). L’homme d'affaires indien qui a acheté et pris le contrôle d’Arcelor privatisé, promettant cyniquement aux actionnaires 30 % des bénéfices.

En Inde, les chiens font des tigres. Il y a quelques jours, 100 millions d'Indiens ont participé à une grève générale à l'appel d'un front uni de 11 syndicats – dont l'All-India Trade Union Congress (AITUC) et le Center of India Trade Unions (CITU) – et 5 000 autres organisations. « C'est une occasion historique. Pour la première fois, tous les grands syndicats sont ensemble pour protester contre les politiques anti-travail du gouvernement », a souligné auprès de l'AFP le secrétaire général du Congrès indien des syndicats, Gurudas Dasgupta. Bref, la plus grande journée de mobilisation depuis l'indépendance, contre le gouvernement de centre-gauche du Parti du Congrès. Les revendications ? Mise en place d'un salaire minimum national ; obtention de CDI pour 50 millions de travailleurs temporaires ; mesures contre la casse du droit du travail ; sécurité sociale étendue à tous les travailleurs ; arrêt des privatisations et renationalisation des secteurs stratégiques (pétrole, gaz, mines).

Chienne de vie, mais tellement encourageante.