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Idées / Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Ici, Londres

Londres, une nuit de février. La chaleur d’un restaurant indien. Dehors, il neige sans façons. La neige étroite, serrée, implacable, pour toute la nuit. Hyde Park blanchit. La City spécule dans le brouillard. Il règne un silence de coton.

« La pluie est contre-révolutionnaire », disait Talleyrand. La neige est donc une copine. Ce soir, le ciel floconne et Trafalgar Square a toujours un air de victoire. Il y a un an, des quatre coins du pays, 500 000 Britanniques sont venus protester contre les mesures d’austérité frappant la Grande-Bretagne : gel des salaires des fonctionnaires, suppression de 300 000 emplois publics. La plus grande manifestation à Londres depuis une génération, selon les syndicats britanniques… et la police. Dans un journal, un manifestant s’exprimait : « Je suis ici parce que le gouvernement nous fait payer pour réparer ce qu’on fait les banquiers. Il est en train de bâtir une société où les riches le sont encore plus et les faibles encore plus démunis. »

Le matin. La neige. Et le camarade soleil. Le journal The Guardian a été glissé sous ma porte. Le candidat socialiste est interviewé. Il se rendra à Londres le 29 février. Honnêtement, avec François Hollande, on ne peut s’attendre à lire du Maurice Thorez, qui défendait en 1946 dans The Times les nationalisations, car « portant atteinte à la toute-puissance des oligarchies financières » et « limitant les possibilités légales de l'exploitation de l'homme par l'homme. »

The Guardian donc, 13 février 2011. De quoi François Hollande est-il le messager ? Apporte-t-il son soutien aux Britanniques qui n’en peuvent plus du libéralisme économique ? Propose-t-il que l’Europe s’attaque aux marchés financiers ? Niet. Après avoir indiqué qu’il n’y a plus de communistes en France, il déclare : « La gauche a gouverné pendant quinze ans pendant lesquels elle a libéralisé l'économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation ». Et rassure : « Il n'y a pas de crainte à avoir.   Dehors, la neige s’est transformée en pluie.

Parler annulation de la dette grecque aurait été pourtant un plus. Car des banques françaises et anglaises ont acheté des dettes émises par l'État grec. Sous la pression politique, des prêteurs (BNP-Paribas, Société Générale…) ont renoncé à une partie de ces créances. Les titres de l’État grec ont ainsi été décotés de 21 % de leur valeur en juillet 2011, de 60 % lors du sommet d’octobre 2011. Hollande aurait pu déclarer : « Annulons à 100 %. »

Ici, Londres. Voici déjà beau temps que François Hollande n’a plus coutume de résister à la pluie. Je répète. Voici déjà beau temps…