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Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Loi commune ou anarcho-capitalisme

La machine à café des entreprises est un lieu étonnant : de nombreux salariés y refont le monde. Plusieurs millions de cadres, d’ingénieur-e-s, de technicien-ne-s échappent ainsi quelques minutes à la pression managériale, au dogme de la rentabilité, à l’évaluation de la performance, au stress, aux plans dits d’efficacité, au court-terme qui envahissent la journée. La motivation est tuée, la créativité étouffée.

Tous savent ce qui se passe : le travail est malade, le droit social recule. Celles et ceux qui résistent sont proscrits. Celles et ceux qui colmatent les brèches sont démunis. Que dire ?

D’abord qu’il faut changer le travail. Ensuite que le choix est entre la loi commune et l’anarcho-capitalisme. Car la loi adossée à des luttes sociales a solidifié les acquis sociaux obtenus par le monde du travail. 1919 : loi sur la journée de travail de 8 h ; 1936 : loi sur les congés payés ; 1945 : loi de création de la Sécurité sociale ; 1981 : loi sur la retraite à 60 ans et la 5e semaine ; 1997 : 35 heures.

Que veulent le MEDEF et les libéraux ? Le contrat à la place de la loi. Ce que François Hollande appelle l’ « autonomie normative des partenaires sociaux. » Dans Le Monde (14 juin 2011), le candidat socialiste avait précisé sa pensée : « Il s'agirait désormais de reconnaître un domaine à cette même négociation collective, en précisant son périmètre comme son champ d'intervention, et en conditionnant la conclusion d'accords au respect des règles majoritaires. Concrètement, le gouvernement et le Parlement seraient juridiquement liés par le contenu de conventions signées entre partenaires sociaux. » Autrement dit, le candidat PS souhaiterait inverser la hiérarchie des règles existant depuis la Révolution française, lorsque le droit du travail a commencé à faire primer le cadre légal sur le contrat particulier. Cette révolution à l’envers a une fonction : démunir les salariés. Ceux-ci savent bien que le contrat est basé sur un rapport de force, une négociation dominée par la concurrence et les exigences de rentabilité du capital.

Le Front de gauche porte une autre conception du droit social. Devant près de 10 000 personnes à Villeurbanne, Jean-Luc Mélenchon le réaffirmait : « L'obligation d'en passer par le vote de la loi est un appui essentiel pour les salariés et leurs syndicats. Ôter ce recours, c'est méconnaître l'histoire du droit social en France qui n'a cessé de vouloir l'affranchissement du travail de la logique du contrat. » Le Front de gauche doit néanmoins marcher deux jambes : les luttes et la loi d’un côté, un projet politique pour de nouveaux rapports sociaux de l’autre. Les lois doivent en effet être à la hauteur d’une ambition de transformation.