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Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - La girouette ou le bonnet phrygien ?

Mon village natal en Franche-Comté est à lui seul un résumé de la France : une devise sur le fronton de la mairie, une girouette à côté des commerces, un bonnet phrygien sur le clocher municipal. « Droite est ma ligne », rappellent les lettres qui s’effacent. « Gauche est mon louvoiement », suggère la girouette. « Révolution », dit le rouge bonnet. Qui semblait aussi porté par les 4 200 femmes et hommes qui avaient choisi de souffler le vent, ce mardi 24 janvier, au Palais des Sports de Besançon, lors d’un meeting du Front de gauche.

Lors de son raout réussi du Bourget, le capitaine François Hollande a, lui, donné un coup de barre à gauche à son navire. Pourquoi ? « Pour gagner l’élection , m’ont répondu des amis socialistes, me glissant dans un soupir : « Il pourra toujours donner un coup de barre à droite le moment venu. » Ainsi donc au cynisme de la droite sarkozienne succèderait l’opportunisme d’une gauche d’accompagnement.

En réalité, il n’a pas échappé à un François Hollande, toujours en tête, son effritement dans les sondages depuis la primaire socialiste : 7 % en 1 mois au 1er tour. L’ampleur de la baisse a fait réfléchir le candidat socialiste sur sa stratégie de l’esquive et de l’évitement, censée ne pas froisser l’électorat centriste pour le récupérer. Or cette danse du centre s’est ici avérée sans effet. Pire, selon les enquêtes d’opinion du mois dernier, près la moitié des sondés s’éloignant du candidat socialiste, faisaient ce chemin pour se rapprocher du Front de gauche. Qui connaît un début de dynamique encourageant, boosté par Jean-Luc Mélenchon et des meetings, fortifié par des assemblées citoyennes et quelques débats sur l’abstention.

François Hollande, tout en faisant disparaître dans son programme des pans entiers du projet socialiste, corrige donc sa trajectoire. Preuve que le vote utile à gauche est désormais à l’extérieur du PS. Que le trois-mâts du Front de gauche vienne aujourd’hui à chatouiller les 10 % dans l’océan capitaliste, et voilà le candidat du PS fustigeant la finance. À 15 %, Hollande parlera peut-être d’augmenter les salaires et d’embaucher des fonctionnaires. À 20 %, il acquiescera à la socialisation des banques. À 25 %, il dira ne pas s’opposer au changement de société.