Qui sommes-nous ? Charte du site Participer S'abonner Soutenir Liens

Appel

Horizons d'émancipation

La 4 de couv'

Note d'actualité

Sur le plateau

Rubriques

Altercommunisme

SE FÉDÉRER POUR L'ÉMANCIPATION

Altercommunistes

Séquences

Cerises

Sélection

Imprimer cet article

Culture / Fromage et dessert

Le doigt dans le clafoutis - Il est une fois

Certains se souviennent que le candidat Nicolas Sarkozy avait ainsi kärchérisé en 2006 un roman de Mme de La Fayette : « L'autre jour, je m'amusais – on s'amuse comme on peut – à regarder le programme du concours d'attaché d'administration. Un sadique ou un imbécile – choisissez – avait mis dans le programme d'interroger les concurrents sur La Princesse de Clèves. Je ne sais pas si cela vous est souvent arrivé de demander à la guichetière ce qu'elle pensait de La Princesse de Clèves… Imaginez un peu le spectacle ! »

J’eus envie de faire bouffer de La Princesse de Clèves en veux-tu en voilà ! à ce Sarkozy méprisant la littérature, les enseignants, les postiers et les classes populaires. Fils d’ouvrier, j’avais en effet lu, grâce à un prof, ce roman mi-précieux, mi-libertin, qui m’avait aussi appris que dans "cucul la praline", il y a cul.

Las, je me suis rabattu sur Le Club des Cinq de mes dix ans, Bibliothèque Rose. Des histoires d’Enid Blyton, auteure britannique aimée dans son pays natal, traduite dans le monde entier : 400 millions d’ouvrages vendus. Bref, des livres normalisés et qui marchent, car tel est le critère des gens qui ne savent que compter. J’ai retrouvé mon exemplaire du Club des Cinq et les saltimbanques.

Noël approchait. Je me suis procuré l’édition 2011 pour l’offrir à mon neveu, dont le cœur balance entre Harry Potter et Boris Vian. Surprises, surprises ! Le bouquin a été rebaptisé Le Club des Cinq et le Cirque de l'Etoile, politiquement plus correct. Partout, le présent a remplacé le passé simple. « Claude soupira ? » Non ! « Claude soupire ». Les « nous » ? Devenus « on » tellement plus impersonnels et passe-partout. Le jeune forain Pancho n’est plus « battu », mais « giflé ». Lou ne montre plus « ses vilaines dents jaunes » mais « du doigt les roulottes rouges et vertes » . Enfin, la méfiance des forains vis-à-vis de la police a été caviardée.

Enid Blyton n’était pas franchement féministe et véhiculait nombre de préjugés. Mais l’entreprise commerciale d’abaissement de ses ouvrages méprise les jeunes lectrices et lecteurs. Elle m’a rappelé quelqu‘un.

Il est une fois La Princesse de Clèves.