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Séquences / Monde

Transformer l’essai

Sans surprise, le 11 novembre, le Comité d’admission du Conseil de sécurité n’est pas parvenu à un accord sur la candidature de la Palestine aux Nations unies. Et, toujours sans surprise, les médias qui combattaient celle-ci de verser une larme de crocodile sur l’"échec" que cette non-décision représenterait pour Mahmoud Abbas. La réalité est bien différente.

L’offensive diplomatique lancée par l’Organisation de libération de la Palestine a d’ores et déjà fait bouger les lignes :

- elle a replacé la question de la Palestine, grande oubliée du "printemps arabe", au centre de l’attention internationale ;

- elle lui a redonné toute sa légitimité, avec la standing ovation réservée au président palestinien, mais surtout l’entrée en fanfare de la Palestine en tant qu’Etat membre à l’Unesco ;

- elle a mis à nu l’hypocrisie des Occidentaux, à commencer par un Barack Obama capitulant devant Benyamin Netanyahou pour des raisons électorales, mais aussi Nicolas Sarkozy, votant pour à l’Unesco pour mieux s’abstenir au Conseil de sécurité ;

- elle a enfin remobilisé les Palestiniens de Cisjordanie, descendus par dizaines de milliers dans les rues avec le soutien de 80 % de l’opinion, et qui en auraient sans doute fait autant à Gaza si le Hamas ne les en avait empêchés par la force.

L’essai reste, cela dit, à transformer à New York. La Palestine pourrait, certes, s’y contenter de l’État au rabais que le président français lui offrait si généreusement : une résolution de l’Assemblée générale à la majorité simple suffirait. Mais il y a fort à parier qu’elle s’accrochera et reposera, autant de fois que nécessaire, la question de son admission comme État membre au Conseil de sécurité. Car le grand écart entre les discours lénifiants de Washington et de Paris sur les droits des Palestiniens et la paralysie qu’ils imposent au Conseil de sécurité deviendra de plus en plus intenable au fur et à mesure que l’une et l’autre capitales s’efforceront de regagner le terrain perdu dans un monde arabe en révolution.

C’est dire que, plus que jamais, la parole est aux peuples. Plus l’écrasante majorité de citoyens de la France, de l’Europe et du monde favorable à la reconnaissance de la Palestine se feront entendre, et plus vite l’ONU confirmera, avec près d’un demi-siècle de retard, sa décision du 29 novembre 1947. Dans le cas contraire, elle sonnerait le glas de la solution bi-étatique du conflit : l’autodétermination du peuple palestinien peut prendre d’autres formes…

D. Vidal est historien et journaliste. Il vient de diriger le livre collectif Palestine-Israël : un Etat, deux Etats ? chez Sindbad/Actes Sud.