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Idées / Organisations / Hommage

Aguirre est mort : quel dommage pour celles et ceux qui ne l’ont pas connu !

Nono(1), comme on disait il y a plus de trente ans, avait pris des années et restait lui-même. Même, à tout dire, Aguirre avait gagné en sérénité. Il manque beaucoup à ses amis et camarades, pas seulement pour la brutalité de son décès. Il nous manquera longtemps parce qu’il incarnait une de nos façons d’être. Un mélange de vues historiques et d’actualité, une sensibilité à l’instant et une inscription constante dans les solidarités internationales.

Il était devenu, pour moi, une sorte d’emblème de notre continuité. Nous étions parfois, disaient des observateurs critiques, insaisissables. Combien ont voulu réduire cette façon d’être à des "réflexes d’agitation politique". Bien sûr. Mais cette formule masque l’essentiel. Une façon d’être sensibles à ce qui, légitimement, révolte. Combien de forces, de dirigeants font de façon si passive  des commentaires et des critiques de la société ! Aguirre, au travers de l’histoire de la LCR, de ses options, de sa continuité, a toujours voulu montrer qu’on peut changer cela. Il s’agit bien d’une lutte pour une émancipation et une transformation de tous les rapports sociaux : les luttes de classes pour en finir avec le capitalisme, qu’il a su inscrire dans le mouvement altermondialiste, étaient pour lui depuis les années soixante-dix inséparables de l’écologie et du féminisme.

Certes, j’ai refusé de "revenir" quand lui et d’autres ont lancé le NPA. Mais nous avons conservé nos échanges. Mes raisons de pronostiquer l’impossibilité de réussir avec les illusions de départ, combien de fois en avons-nous discuté, quand son option se développait bien ; et aussi quand les revers se sont accumulés. Nous pouvions partager des horizons et éviter ces discordes qui, souvent, insultent l’avenir.

Au travers de chemins différents, une même famille politique se connaît et se reconnaissait ; curieusement, il y avait un immense plaisir de se retrouver ensemble, ce mardi 4 octobre, malgré la tristesse de sa mort. La forme de cette cérémonie, la grandeur et la beauté de ce que Sophie Zafari a su dire, l’hommage si amical et politique de notre ami Olive y sont pour beaucoup ; mais ils exprimaient par là, aussi, une culture commune.

Evidemment, nous lui devons bien de continuer ces combats, y compris l’effort pour ne pas se laisser submerger par des échecs et y tracer la voie pour " l’après". Pour ne pas finir, une citation de Bertold Brecht, reprise en souvenir d’Aguirre : « Il y a ceux qui luttent pendant une journée, et ils sont bons. Il y a ceux qui luttent pendant une année, ils sont très bons… Et il y a ceux qui luttent toute leur vie, et ceux là, ils sont indispensables.  »

(1) Suisse vivant en France, Daniel Noverraz a toujours été connu dans la vie courante sous un pseudonyme, sauf pour ses fonctions d’administrateur d’édition, de Rouge, de Tout.