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A table ! / Idées

Et surtout … Une bonne santé !

S'agissant de la situation française, il est excessif de parler de système " de santé ", ce n’est plus qu’un système " de soins ". C'est d'ailleurs bien là la terminologie officielle ... Et le problème !

La réalité matérielle qu'exprime ce glissement sémantique de la "santé" au "soin", c'est la prise de contrôle de la totalité de la filière médicale - à commencer par la formation des futurs médecins - par les industriels du médicament ; ce que dénonce justement le communiqué du SMG(1), mais en restant dans la logique du "soin" plus que de la "santé" : la médecine occidentale a à ce point perdu de vue ce qu'est la santé que ses praticiens sont, pour la plupart, incapables de penser la santé hors du recours systématique au médicament. Mais l'intérêt bien compris de ces capitalistes particuliers que sont les industriels du médicament n'est pas du tout que nous soyions "en bonne santé" : leur intérêt véritable, c'est que "nous vivions le plus longtemps possible tout en hébergeant le plus grand nombre possible de pathologies. Pathologies qu' il n'est pas question de juguler, il s'agit, autant que faire se peut, d'en dissimuler, pour un temps donné, les effets les plus indésirables au moyen des molécules appropriées qu'ils se font un devoir de nous vendre au prix fort ... puisque, de toute évidence, notre vie en dépend".

La santé c'est autre chose, en faire un objectif politique suppose de s'intéresser à tout ce qui, en amont, est source de dérèglement et d'affaiblissement des organismes individuels.

La santé c'est autre chose, en faire un objectif politique suppose de s'intéresser à tout ce qui, en amont, est source de dérèglement et d'affaiblissement des organismes individuels, causes premières de la plupart des pathologies aujourd'hui traitées par la chimie : un travail stressant et répétitif voire dangereux, des rythmes de vie et de sommeil chaotiques, une nourriture industrielle pathogène, l'abus de produits psychotropes (particulièrement l'alcool et ... les médicaments), une activité physique et sportive insuffisante, une dose quotidienne d'avachissement télévisuel, l'exposition permanente à des polluants toxiques, mutagènes, cancérigènes, etc ... Sans oublier la possible responsabilité de la vaccination enfantine à outrance dans les nouvelles pathologies liées au dérèglement du système immunitaire (genre sclérose en plaques).

Produire aujourd'hui une " politique de santé " qui soit autre chose qu'un objet de communication ou un dispositif clientéliste, suppose de s'attaquer prioritairement à tout cela, c'est-à-dire "produire un autre modèle de développement (humain)". Et cela est d'une actualité d'autant plus brûlante que les mouvements de concentration capitalistiques qui font converger les industriels du pétrole, du médicament et de l'agrobusiness nous promettent l'horreur sanitaire et alimentaire pour demain.

Or, il est à craindre que la publicité dont "bénéficie" l'affaire Servier-Médiator ne serve de prologue aux attaques promises par Sarkozy contre la Sécu, confinée qu'elle est, depuis des décennies - par une Assemblée nationale où le corps médical est sûrement celui qui est le plus représenté - dans le rôle de tirelire de l'industrie pharmaceutique (la meilleure preuve en est le non-remboursement de l'ostéopathie alors qu'il est de notoriété publique qu'aucune équipe sportive ne se déplace plus sans son staff d'ostéopathes, mais, pour " le commun ", ça serait vraiment de la confiture donnée à des cochons ! Il vaut bien mieux gaver ad vitam aeternam le populo souffrant de toute la batterie des anti-douleurs qui, eux - rassurons-nous ! -, sont remboursés).

La Sécu - en tant que système solidaire de santé publique - ne pourra pas être défendue avec succès si cela ne s'accompagne pas d'une bataille pour éradiquer le " fétichisme du médicament " de la réflexion générale en matière de "santé" - et non pas de soin !

Je pense que la Sécu - en tant que système solidaire de santé publique - ne pourra pas être défendue avec succès si cela ne s'accompagne pas d'une bataille pour éradiquer le " fétichisme du médicament " de la réflexion générale en matière de "santé" - et non pas de soin ! Et comme je me souviens avoir entendu certains de ses défenseurs dont la sincérité ne fait aucun doute avancer à plusieurs reprises l'idée que "l'augmentation des " dépenses de santé " était en soi une bonne chose : le signe d'une société plus civilisée", je pense que cette bataille devra aussi être gagnée contre nous-mêmes : si, depuis 15 ans, la collectivité avait fait l'économie des dépenses dites "de santé" liées au remboursement du Médiator en en interdisant la commercialisation, personne - excepté Servier - n'aurait eu à s'en plaindre. (D’une manière générale, "l'augmentation des dépenses" n’indique aucunement une meilleure satisfaction des besoins : tout ce qu'on peut en déduire, c'est que la vente de marchandises a produit une plus grande quantité de valeur dans le secteur concerné, c'est-à-dire que la reproduction élargie du capital s'y porte bien, merci pour elle.)

Conformément à l'idée qui en a été développée plus haut, il n'y a pas de raison pour que la santé coûte nécessairement très cher (au contraire, c'est la mauvaise santé qui est coûteuse), par contre il est fort probable qu'elle ait fort à voir avec la construction d'une alternative sociale et écologique (les deux ensemble, pas chacune son tour ni côte à côte, mais bien ensemble ), et d'abord en ce qui concerne la production, les conditions concrètes de production, les rapports de production de ce qui est nécessaire à notre reproduction en tant que personnes vivantes.